Clôturer un compte joint à La Banque Postale, ce n’est pas compliqué sur le papier, mais dans la vraie vie il y a toujours un détail qui coince. Un prélèvement oublié. Une carte qui traîne. Un co titulaire qui ne répond pas. Donc l’idée ici, c’est de vous donner un mode d’emploi concret, étape par étape, avec les pièges habituels et comment les éviter.

Comprendre ce que vous fermez exactement

Avant de parler procédures, il faut poser le cadre, parce que La Banque Postale n’utilise pas un compte joint comme une « simple option ».

Un compte joint = un compte avec au moins deux co titulaires, qui fonctionnent en général en signature « M. ou Mme ». Ça veut dire que chacun peut faire fonctionner le compte seul, sans demander l’accord de l’autre, sauf cas particuliers prévus au contrat.

Et ça a une conséquence importante, qui revient au moment de la fermeture.

  • Si le compte est en mode « ou » : chacun peut effectuer des opérations, et souvent chacun peut demander la désolidarisation (on y revient).
  • Si le compte est en mode « et » : là, c’est beaucoup plus strict, et la banque peut exiger la signature de tous pour tout, y compris la clôture.

En pratique, la majorité des comptes joints de particuliers sont en « ou ». Mais vérifiez, parce que ça change l’ambiance.

Clôture, désolidarisation, transformation : trois chemins possibles

On confond souvent tout. Et c’est normal.

1) La clôture du compte joint

C’est la fermeture pure et simple. Le compte n’existe plus, le solde est transféré, les moyens de paiement sont rendus, et basta.

C’est ce que vous cherchez si vous n’avez plus aucune raison de garder ce compte.

2) La désolidarisation (ou dénonciation du compte joint)

Là, on ne ferme pas forcément le compte tout de suite. On met fin au fonctionnement « ou » et on bascule vers une logique où certaines opérations ne peuvent plus se faire sans l’accord des deux, ou la banque fige certaines choses.

C’est souvent utilisé quand il y a conflit ou risque, typiquement séparation tendue.

3) La transformation en compte individuel

Dans certains cas, la banque peut accepter de transformer le compte joint en compte individuel au nom d’un seul titulaire, avec l’accord de l’autre (ou selon situation). Ça peut éviter de tout refaire, mais ce n’est pas automatique, et il y a des conditions.

Dans cet article, on vise surtout la clôture. Mais garder les deux autres options en tête peut vous sauver si l’autre co titulaire fait le mort.

Avant de clôturer : la checklist qui évite 80 % des galères

Si vous fermez trop vite, vous risquez un rejet de prélèvement, des frais, ou un compte qui ne peut pas être fermé car il reste « quelque chose dessus ».

Voici ce que je vous conseille de faire, calmement, même si vous êtes pressé.

Vérifier les opérations en cours

  • prélèvements mensuels (énergie, box internet, assurance, impôts, crèche, salle de sport…)
  • virements récurrents
  • chèques émis mais pas encore encaissés
  • paiements carte à débit différé (si vous avez une carte concernée)
  • opérations carte récentes qui ne sont pas encore « comptabilisées »

Astuce simple : regardez l’historique sur 2 ou 3 mois, pas juste le mois en cours. Les prélèvements « trimestriels » sont les plus vicieux.

Mettre le solde à zéro, mais pas trop tôt

Pour clôturer, il faut un solde à zéro, et en pratique il faut surtout qu’il ne reste pas d’opérations à venir qui vont re passer.

Donc oui, vous devrez :

  • arrêter les entrées
  • déplacer les sorties
  • puis solder

Mais évitez de vider le compte si un gros prélèvement arrive encore. Sinon, rejet.

Récupérer ou détruire les moyens de paiement

La Banque Postale peut demander :

  • cartes bancaires (coupées en deux, souvent)
  • chéquier (ou les formules non utilisées)

Même si ce n’est pas toujours bloquant, c’est mieux de le traiter proprement. Surtout si vous clôturez en agence.

Prévoir un RIB de destination

Le solde doit aller quelque part. Et La Banque Postale va vous demander un RIB pour transférer le solde créditeur.

Si le compte est débiteur, c’est différent, on en parle plus bas.

Qui peut demander la clôture à La Banque Postale ?

Cas simple : vous êtes tous d’accord

Si les deux co titulaires sont d’accord, c’est généralement fluide. Vous faites une demande conjointe, vous signez, le compte est fermé après vérifications.

Cas plus délicat : vous êtes seul à vouloir fermer

En compte joint, c’est là que ça se complique un peu.

  • Pour clôturer, la banque exige souvent l’accord des co titulaires.
  • Pour dénoncer le compte joint (désolidarisation), un seul peut généralement le faire.

Donc si vous êtes seul et que l’autre ne coopère pas, l’option « fermeture directe » peut être bloquée, et il faut passer par la dénonciation d’abord, puis organiser la suite.

Et oui, c’est frustrant. Mais c’est aussi une protection, parce qu’un compte joint, c’est une responsabilité partagée.

Les étapes pour clôturer un compte joint Banque Postale

Étape 1 : choisir le canal (agence ou courrier)

La Banque Postale fonctionne beaucoup via ses agences (bureaux de poste) et la relation conseillers. Pour une clôture de compte joint, les options réalistes :

  • en agence, avec rendez vous ou dépôt de dossier
  • par courrier recommandé avec accusé de réception, surtout si vous ne voulez pas gérer ça au guichet ou si vous êtes loin

Certaines demandes peuvent être initiées via messagerie sécurisée, mais pour une clôture, surtout d’un compte joint, on vous demandera souvent des écrits et signatures.

Étape 2 : préparer les documents

En général, prévoyez :

  • pièce d’identité de chaque co titulaire (copie si courrier)
  • lettre de clôture signée par les co titulaires (dans l’idéal)
  • RIB du compte de destination
  • restitution des moyens de paiement : cartes, chéquier (ou attestation de destruction selon la pratique de l’agence)

Et si le compte est lié à d’autres produits (livrets, assurance, crédit), l’agence peut vérifier s’il y a des flux associés.

Étape 3 : rédiger la lettre de clôture (modèle)

Voici un modèle simple, à adapter. Gardez un ton neutre, pas besoin d’expliquer votre vie.

« Je soussigné(e) [Nom Prénom], né(e) le [date], co titulaire du compte joint n° [IBAN ou n° de compte] ouvert dans votre établissement, vous demande la clôture dudit compte.
Merci de transférer le solde créditeur, après arrêt des opérations en cours, vers le compte suivant : [IBAN du compte de destination].
Je vous prie de bien vouloir confirmer par écrit la date effective de clôture.
Fait à [ville], le [date]. Signature(s). »

Si vous envoyez par courrier : mettez les deux noms, et idéalement les deux signatures.

Étape 4 : attendre la prise en compte et la « purge » des opérations

La clôture n’est pas instantanée. La banque va :

  • vérifier qu’il n’y a pas d’opérations en suspens
  • vérifier le solde
  • enregistrer la restitution des moyens de paiement
  • effectuer le virement du solde

Le délai varie. Parfois c’est quelques jours. Parfois deux semaines, selon ce qui reste en attente.

Étape 5 : obtenir une confirmation écrite

Demandez une confirmation écrite ou un document indiquant la date de clôture. Ça sert en cas de litige, ou juste si un organisme tente encore de prélever et vous dit « mais si, on a un RIB actif ».

Et si l’autre co titulaire refuse ou ne répond pas ?

C’est fréquent. Et là, au lieu de vous épuiser à obtenir une signature, vous pouvez passer par la dénonciation du compte joint.

Comment ça marche, concrètement

Vous envoyez une lettre recommandée à la Banque Postale indiquant que vous dénoncez le compte joint.

La banque informe l’autre co titulaire. Ensuite, le compte ne fonctionne plus pareil. Selon les cas, il peut passer en compte indivis (fonctionnement « et ») ou être limité, ce qui empêche certaines opérations unilatérales.

Important : dénoncer n’efface pas les dettes ou responsabilités. Mais ça évite que l’autre utilise le compte librement pendant que vous essayez de fermer.

Ensuite, pour fermer, il faudra régulariser le solde et organiser la sortie.

Si votre situation est conflictuelle, faites tout par écrit. Et gardez des copies.

Cas particuliers à connaître (ceux qui font perdre du temps)

Si le compte est débiteur

La Banque Postale ne clôturera pas un compte joint avec un découvert non régularisé.

Donc vous devrez :

  • remettre le compte à zéro (ou positif)
  • régler les agios éventuels
  • ensuite seulement clôturer

Et attention : en compte joint, la banque peut demander le paiement à l’un ou l’autre. La solidarité joue souvent.

Si un crédit est rattaché

Si vous avez un prêt dont les mensualités sont prélevées sur ce compte joint, il faut d’abord :

  • changer le compte de prélèvement du prêt
  • vérifier que c’est bien pris en compte
  • seulement ensuite clôturer

Sinon, vous vous retrouvez avec une mensualité qui tente de passer sur un compte en cours de fermeture. Mauvais timing.

Si vous avez des impôts prélevés dessus

Pour les impôts, ça peut prendre un cycle de prélèvement avant d’être vraiment basculé. Donc anticipez.

Idem pour les entreprises et organismes qui mettent du temps à changer un RIB. La banque, elle, n’attendra pas que « tout le monde soit à jour ». C’est vous qui devez sécuriser.

Si l’un des co titulaires est décédé

Là, on n’est plus dans la clôture « classique ».

En cas de décès d’un co titulaire, la banque applique des règles spécifiques, avec blocage possible de certains avoirs et demande de documents (acte de décès, notoriété, etc.). Le compte joint peut continuer à fonctionner dans certains cadres, mais tout dépend de la convention de compte et des règles successorales.

Dans ce cas, le mieux est d’appeler l’agence de rattachement, parce que vous allez être guidé sur un parcours différent. Ce n’est pas juste une lettre de clôture.

Frais : est ce que La Banque Postale facture la clôture ?

En règle générale, la clôture d’un compte bancaire de dépôt est gratuite. Les banques ne facturent pas « le fait de fermer ».

En revanche, vous pouvez avoir :

  • des frais liés à des incidents (rejets, agios) si vous clôturez sans avoir sécurisé les opérations
  • des frais de tenue de compte jusqu’à la date effective de clôture, selon la période de facturation
  • des frais sur services associés si vous ne les résiliez pas correctement (cartes, packages), même si en général la clôture coupe la plupart des services

Donc : la fermeture n’est pas payante, mais le désordre autour, oui, peut coûter.

Après la clôture : les vérifications rapides à faire

Une fois que vous avez la confirmation, faites encore deux petites choses.

1) Contrôler que le solde a bien été transféré

Vérifiez sur le compte de destination que le virement est arrivé, et que c’est le bon montant.

2) Surveiller un mois ou deux

Ça paraît exagéré, mais non. Certains prélèvements se représentent, ou des opérations retardées tombent tard. Si un organisme a encore l’ancien RIB, il va tenter.

Et si le compte est fermé, l’organisme recevra un rejet. Ça vous alerte.

Petit résumé, parce que sinon on s’y perd

Clôturer un compte joint Banque Postale, ça se passe bien quand :

  • vous avez sécurisé les prélèvements et virements
  • le solde est clair, pas d’opérations en attente
  • vous avez un RIB de destination
  • vous êtes deux à signer, ou vous avez dénoncé le compte si l’autre ne coopère pas
  • vous obtenez une confirmation écrite de clôture

Et si vous deviez retenir une seule chose, vraiment : ne fermez pas « à l’arrache ». Prenez une heure pour faire la checklist, et vous évitez des semaines de micro problèmes.

Modèle de lettre courte (version très simple)

Si vous voulez une version encore plus directe, la voici :

« Objet : clôture compte joint
Madame, Monsieur,
Nous vous demandons la clôture du compte joint n° [IBAN] ouvert à La Banque Postale. Merci de virer le solde sur le compte [IBAN].
Veuillez nous confirmer la clôture par écrit.
Fait à [ville], le [date].
Signatures des co titulaires : [Nom 1] / [Nom 2]. »

Voilà. Simple, lisible, efficace.

Si vous me dites votre situation exacte (accord ou non entre co titulaires, compte créditeur ou débiteur, présence d’un crédit, prélèvements importants), je peux vous indiquer le chemin le plus propre, et ce que La Banque Postale vous demandera presque à coup sûr.

Questions fréquemment posées

Qu'est-ce qu'un compte joint à La Banque Postale ?

Un compte joint à La Banque Postale est un compte bancaire ouvert au nom d'au moins deux co-titulaires, généralement en signature « M. ou Mme », ce qui signifie que chacun peut effectuer des opérations seul, sauf cas particuliers prévus au contrat.

Quelles sont les différences entre clôture, désolidarisation et transformation d'un compte joint ?

La clôture est la fermeture complète du compte avec transfert du solde et restitution des moyens de paiement. La désolidarisation met fin au fonctionnement « ou » pour passer à une logique plus stricte où certaines opérations nécessitent l'accord des deux titulaires. La transformation consiste à convertir le compte joint en compte individuel au nom d'un seul titulaire, sous conditions et avec l'accord de l'autre.

Quels sont les pièges courants lors de la clôture d'un compte joint à La Banque Postale ?

Les pièges fréquents incluent des prélèvements oubliés, une carte bancaire non rendue, un co-titulaire qui ne répond pas, ainsi que le fait de vider le compte trop tôt avant la comptabilisation de toutes les opérations, ce qui peut engendrer des rejets et frais.

Comment préparer efficacement la clôture d'un compte joint ?

Il faut vérifier toutes les opérations en cours sur 2 à 3 mois : prélèvements mensuels ou trimestriels, virements récurrents, chèques émis non encaissés, paiements différés par carte. Ensuite, il faut arrêter les entrées et déplacer les sorties pour solder le compte sans laisser d'opérations futures.

Que faire des moyens de paiement associés au compte joint lors de sa clôture ?

Il est nécessaire de récupérer ou détruire les moyens de paiement comme les cartes bancaires (souvent coupées en deux) et les chéquiers ou formules non utilisées, selon les demandes de La Banque Postale.

Le mode de signature du compte joint influence-t-il la procédure de clôture ?

Oui. En mode « ou », chaque co-titulaire peut demander la clôture seul. En mode « et », la banque peut exiger la signature de tous pour toute opération y compris la clôture. Il est important de vérifier ce mode avant d'entamer la démarche.