Et chez LCL, comme dans la plupart des banques, il y a des règles assez précises.
Je vais te guider pas à pas, sans jargon inutile. Et surtout en te disant les points qui coincent le plus souvent, parce que c’est là que les gens perdent du temps.
Comprendre ce que tu veux faire exactement
Avant d’envoyer une lettre ou de prendre rendez-vous, il faut être clair sur l’objectif. Parce qu’en compte joint, il y a deux opérations différentes que beaucoup confondent.
Fermer le compte joint (clôture)
Là, le compte disparaît. Plus de RIB. Plus de carte liée. Plus de possibilité de paiement ou de virement. On solde, on ferme, terminé.
Se retirer du compte joint (désolidarisation)
Tu ne fermes pas forcément le compte. Tu demandes à ne plus être cotitulaire. L’autre personne peut parfois conserver le compte, mais il bascule généralement en compte individuel à son nom, ou alors la banque demandera une réorganisation complète. Et surtout, les moyens de paiement changent.
Pourquoi je te le dis ? Parce que si ton but est de ne plus être responsable des dettes éventuelles, la désolidarisation est souvent le sujet numéro un. Mais si vous voulez tous les deux tourner la page, la clôture est plus nette.
Ce que LCL exige pour clôturer un compte joint
Chez LCL, la clôture d’un compte joint suit une logique classique : en principe, il faut l’accord de tous les cotitulaires.
Et là, première subtilité importante : tout dépend de la façon dont le compte est libellé.
Compte joint « Monsieur OU Madame »
C’est le cas le plus courant. En fonctionnement quotidien, chacun peut faire des opérations seul. Mais pour fermer le compte, LCL demande généralement une demande signée par les deux cotitulaires. Dans la vraie vie, certaines agences acceptent qu’un seul initie, mais elles vont exiger une confirmation de l’autre. Donc, ne pars pas en te disant que tu vas pouvoir le fermer dans ton coin.
Compte joint « Monsieur ET Madame »
Plus rare, mais ça existe. Là, tout est plus strict. Beaucoup d’opérations exigent les deux signatures. Pour la clôture, c’est sans surprise : accord et signatures des deux.

Avant de clôturer : la checklist qui évite 80 % des problèmes
C’est la partie un peu fastidieuse. Mais si tu la fais correctement, la clôture devient presque une formalité.
1) Mettre le compte à zéro, ou presque
Un compte ne se clôture pas proprement s’il est débiteur. Et même s’il est créditeur, il faut décider où va l’argent restant.
Donc :
- vérifie le solde
- anticipe les opérations en cours
- laisse une marge si tu attends encore un prélèvement
Petit détail très concret : certains paiements carte arrivent en différé. Tu crois que tout est passé, mais non. Et si tu clôtures trop tôt, ça peut revenir en rejet ou en dette.
2) Lister tous les prélèvements et virements automatiques
C’est LE point qui fait le plus de dégâts.
Tu dois passer en revue :
- abonnements (téléphone, streaming, salle de sport)
- énergie, internet
- impôts, cantine, crèche
- assurances
- crédits, évidemment
Astuce simple : regarde les 3 derniers relevés et fais une liste. Pas juste le dernier mois, parce que certains prélèvements sont trimestriels.
Ensuite, tu bascules tout vers un autre RIB.
3) Restituer ou détruire les moyens de paiement
En général, LCL demande de restituer :
- cartes bancaires liées au compte joint
- chéquier(s) non utilisés
Si tu ne peux pas rendre physiquement la carte, tu peux la détruire (coupe la puce et la bande, idéalement en plusieurs morceaux) et le mentionner dans la lettre. Pour le chéquier, pareil, on peut le rendre à l’agence.
Ne laisse pas traîner un chéquier de compte joint dans un tiroir, vraiment. Ça crée des situations absurdes.

4) Prévoir un compte de repli
Ça paraît évident, mais beaucoup s’en rendent compte trop tard : si tu fermes le compte joint qui servait à tout, il faut déjà avoir un compte individuel opérationnel pour recevoir ton salaire, payer tes charges, etc.
Et si tu es en séparation, pense aussi à la question « qui garde quoi » :
- qui récupère les prélèvements du loyer ?
- qui paie l’électricité jusqu’à telle date ?
- qui garde le crédit auto ?
Ce n’est pas que bancaire, mais ça impacte directement la clôture.
Les étapes pour clôturer un compte joint chez LCL
Étape 1 : décider ensemble, ou au moins se coordonner
Dans le meilleur scénario, vous êtes d’accord, vous signez tous les deux, et c’est réglé.
Dans un scénario plus tendu, tu peux initier une démarche, mais il faudra gérer la partie « accord du cotitulaire » ou basculer vers une désolidarisation (j’y reviens).
Étape 2 : contacter LCL (agence ou courrier)
Tu as trois approches possibles :
- en agence : efficace si vous pouvez y aller ensemble, et si tu veux que quelqu’un vérifie les opérations en attente
- par courrier : utile si vous n’êtes pas dans la même ville, ou si tu veux une trace formelle
- via la messagerie sécurisée : pratique pour poser des questions, mais pour une clôture, LCL demande souvent un écrit signé, donc la messagerie sert surtout à préparer
Mon conseil : si c’est simple, agence. Si c’est délicat, courrier recommandé avec accusé de réception. Le recommandé, ce n’est pas « agressif ». C’est juste clair.
Étape 3 : envoyer la demande de clôture (avec les infos indispensables)
La demande doit contenir :
- le numéro du compte joint (IBAN idéalement)
- les noms, prénoms des cotitulaires
- une demande explicite de clôture
- la date souhaitée de clôture (ou « dans les meilleurs délais »)
- le RIB du compte sur lequel virer le solde restant
- les signatures des cotitulaires
- la mention des moyens de paiement restitués ou détruits
Si vous êtes deux à signer, le plus simple est une lettre unique signée par les deux. Sinon, deux lettres séparées mais cohérentes.
Étape 4 : attendre la confirmation et vérifier la fermeture
Une clôture, ce n’est pas juste « on a envoyé un papier ». Il faut un retour, un document, ou au minimum une confirmation écrite.
Ensuite :
- vérifie que le compte n’apparaît plus dans ton espace
- vérifie qu’aucune opération ne repasse dessus
- conserve la preuve de clôture
Ça peut servir plus tard. Par exemple si un organisme continue de prélever sur l’ancien RIB et prétend que « ça marchait avant ».
Modèle de lettre de clôture (simple et efficace)
Tu peux copier, adapter, et envoyer en recommandé. Et oui, il faut respecter les règles typographiques, donc je te le mets propre.
« Objet : demande de clôture de compte joint
Madame, Monsieur,
Nous vous demandons par la présente la clôture du compte joint LCL n° [numéro] / IBAN : [IBAN], ouvert au nom de [nom et prénom 1] et [nom et prénom 2].
Nous vous remercions d’effectuer le virement du solde créditeur éventuel sur le compte suivant : [IBAN du compte de destination], au nom de [titulaire].
Les moyens de paiement associés (cartes et chéquier) sont restitués à l’agence / ont été détruits.
Nous vous remercions de nous confirmer la clôture par écrit.
Fait à [ville], le [date]
Signatures : [nom, prénom, signature 1] [nom, prénom, signature 2] »
Pour l’envoi, adresse-le à ton agence LCL (celle où le compte est domicilié). L’adresse figure sur tes relevés, ou dans ton espace client.
Et si l’autre cotitulaire refuse de clôturer ?
C’est là que les choses deviennent… moins fluides. Et c’est très fréquent.
Si l’autre ne signe pas, tu peux généralement demander à LCL une désolidarisation, c’est à dire ne plus être engagé sur ce compte joint. LCL va alors modifier le fonctionnement du compte.
La désolidarisation, concrètement, ça change quoi ?
En compte joint « OU », tant que vous êtes deux cotitulaires, chacun est en général responsable des dettes du compte. Même si ce n’est pas toi qui a fait l’opération. C’est ça le truc qui fait peur, et à juste titre.
Avec une désolidarisation, tu demandes à sortir du compte. La banque peut :
- transformer le compte en compte indivis (souvent plus contraignant, opérations nécessitant deux signatures)
- ou imposer une fermeture à terme si la situation ne peut pas continuer proprement
- ou demander à l’autre d’ouvrir un compte à son nom et de migrer
Le détail exact dépend du dossier, de l’agence, et de ce qui est possible techniquement. Mais l’idée, c’est de stopper le risque de « dettes communes » via ce compte.

Important : la désolidarisation ne règle pas tout rétroactivement
Si le compte a déjà un découvert, ou si des opérations sont contestées, ce n’est pas magique. Tu te protèges pour la suite, mais il faut traiter l’existant.
Donc si tu es dans ce cas, ne tarde pas. Plus tu attends, plus tu laisses le compte vivre.
Cas particuliers qui peuvent bloquer la clôture
Il reste un crédit lié au compte joint
Si vous avez un prêt LCL prélevé sur le compte joint, il faut d’abord modifier le compte de prélèvement. Parfois, LCL demandera aussi de clarifier la situation des emprunteurs.
Et si le crédit est au nom des deux, fermer le compte ne supprime pas l’obligation de remboursement, évidemment.
Il y a une autorisation de découvert
LCL peut demander de ramener le compte à zéro et de résilier l’autorisation de découvert. Là encore, logique : la banque ne ferme pas un compte avec une ligne de crédit active sans clôturer proprement.
Il y a des incidents de paiement récents
Chèque impayé, rejet de prélèvement, carte en opposition… ça peut retarder. Pas forcément empêcher, mais retarder, parce que la banque attend que tout soit « purgeable ».
Un des cotitulaires est décédé
Dans ce cas, on n’est plus sur une clôture « classique ». Il faut contacter LCL rapidement. La banque demandera des justificatifs (acte de décès, pièces liées à la succession). Le fonctionnement du compte joint après décès dépend du cadre juridique et de la convention de compte. Ne fais pas ça au hasard.
Combien de temps ça prend, et combien ça coûte ?
Délais
En pratique, si le compte est à zéro, sans opérations en attente, et si les signatures sont là, ça peut aller vite. Quelques jours à deux semaines, selon l’agence et la charge.
Si tu es pressé, passe en agence et demande clairement : « Est-ce qu’il reste des opérations en cours ? Est-ce que vous pouvez programmer une date de clôture ? »
Frais
La clôture d’un compte bancaire est en général gratuite. Mais attention aux frais indirects :
- cotisation de carte proratisée ou non selon les cas
- frais de tenue de compte jusqu’à la date effective
- régularisations si tu fermes en plein cycle de facturation
Le plus simple : demande un arrêt des services payants dès que possible, surtout si tu sais que la clôture n’est pas immédiate.

Après la clôture : ce que tu dois vérifier (vraiment)
Je sais, tu as envie de tourner la page. Mais fais ces trois vérifications, elles prennent 5 minutes.
- Vérifie que plus aucun prélèvement ne se présente sur l’ancien compte.
- Vérifie que tous les organismes ont bien le nouveau RIB.
- Garde une copie de la lettre et de l’accusé de réception, plus la confirmation LCL.
Et si tu avais des revenus qui arrivaient sur le compte joint (CAF, salaire, pension) : double vérification. C’est toujours le truc qu’on oublie, et après on passe un mois à courir après un versement.
Les erreurs classiques, celles qui coûtent du temps
Je te les liste, parce que tu vas les reconnaître.
- fermer trop tôt alors qu’un prélèvement trimestriel doit encore passer
- oublier un paiement carte différé
- ne pas prévoir le RIB de destination pour le solde
- envoyer une lettre sans signature des deux cotitulaires
- ne pas rendre le chéquier, ou ne pas préciser qu’il est détruit
- penser que quitter le compte joint met fin à toute responsabilité passée
Si tu évites ça, tu es déjà dans le top 10 % des clôtures qui se passent bien.
Pour finir
Clôturer un compte joint chez LCL, ce n’est pas compliqué sur le papier. Mais dans la vraie vie, ça dépend surtout de deux choses : est-ce que vous êtes d’accord tous les deux, et est-ce que le compte est propre (zéro opération en attente, zéro prélèvement oublié).
Si tu veux faire simple : solde le compte, migre tous les prélèvements, récupère ou détruis cartes et chéquiers, puis envoie une demande signée des deux avec un RIB de destination. Et garde une preuve.
Si tu sens que l’autre cotitulaire traîne, ou refuse : parle tout de suite de désolidarisation à ton agence LCL. C’est souvent la vraie porte de sortie.
Questions fréquemment posées
Quelle est la différence entre fermer un compte joint et se retirer d'un compte joint ?
Fermer un compte joint signifie que le compte disparaît complètement : plus de RIB, plus de carte liée, et aucune possibilité de paiement ou virement. Se retirer d'un compte joint, ou désolidarisation, signifie que vous ne serez plus cotitulaire du compte, mais le compte peut continuer à exister sous le nom de l'autre personne, souvent basculé en compte individuel.
Quelles sont les conditions pour clôturer un compte joint chez LCL ?
Chez LCL, la clôture d’un compte joint nécessite en principe l’accord et la signature de tous les cotitulaires. Selon la formulation du compte (« Monsieur OU Madame » ou « Monsieur ET Madame »), les exigences peuvent varier, mais généralement les deux signatures sont requises pour fermer le compte.
Comment gérer les prélèvements et virements automatiques lors de la clôture d’un compte joint ?
Il faut lister tous les prélèvements et virements automatiques (abonnements, énergie, impôts, assurances, crédits…) en examinant au moins les trois derniers relevés bancaires pour ne rien oublier. Ensuite, il faut basculer ces opérations vers un autre RIB afin d’éviter tout incident après la fermeture du compte.
Que faire des moyens de paiement liés au compte joint lors de sa clôture ?
LCL demande généralement la restitution des cartes bancaires liées au compte ainsi que des chéquiers non utilisés. Si vous ne pouvez pas restituer physiquement une carte bancaire, vous pouvez la détruire en coupant la puce et la bande magnétique et mentionner cette destruction dans votre lettre de clôture.
Pourquoi prévoir un autre compte bancaire avant de fermer son compte joint ?
Prévoir un compte bancaire de repli est crucial car il permet d’assurer la continuité des opérations financières (prélèvements, virements) après la fermeture du compte joint. Beaucoup réalisent trop tard qu’ils n’ont pas de solution alternative pour gérer leurs finances quotidiennes.



