Et au milieu de tout ça, il y a une question qui revient tout le temps, souvent dès les premiers jours : qu’est ce qu’on fait du compte bancaire, surtout si c’était un compte BoursoBank, donc 100 % en ligne, sans agence où « passer ».

On va faire simple, concret, et surtout réaliste. Parce que oui, il y a des règles. Mais dans la vraie vie, il y a aussi des codes d’accès dont personne ne sait où ils sont, des prélèvements qui continuent de tourner, et des héritiers qui ne se parlent pas. Donc on va reprendre dans l’ordre.

Ce qui se passe en général dès que la banque est informée

Le point de départ, c’est l’information officielle du décès à la banque. Tant que BoursoBank n’est pas informée, le compte fonctionne techniquement. Mais attention, ça ne veut pas dire qu’on a le droit de s’en servir.

Une fois que BoursoBank reçoit l’information et les justificatifs, la banque met en place ce qu’on appelle en pratique un blocage des comptes au nom du défunt. Le but est assez clair : figer la situation, éviter les retraits, éviter les virements, et protéger la succession.

En général, sont concernés :

  • le compte courant
  • les comptes sur livret au nom du défunt
  • les comptes titres et PEA (avec des règles particulières, on en parle plus bas)
  • les cartes bancaires et chéquiers, qui deviennent inutilisables

Ce blocage n’est pas une punition. C’est la règle, et c’est aussi une forme de sécurité pour tout le monde.

Qui doit prévenir BoursoBank et comment faire

En pratique, ce sont souvent :

  • la famille (conjoint, enfant)
  • le notaire
  • parfois un mandataire, si un mandat existait, mais en principe le mandat s’arrête au décès

Comme BoursoBank est une banque en ligne, il n’y a pas d’agence. Donc on est sur une logique de dossier : vous envoyez les pièces, la banque traite, puis vous échangez via les canaux habituels (espace client si possible, courrier, messagerie, service client).

Ce qui est demandé, la plupart du temps :

  • un acte de décès
  • un justificatif d’identité du demandeur
  • un document prouvant le lien avec le défunt ou la qualité d’héritier (livret de famille, acte de notoriété, attestation dévolutive, etc.)
  • et souvent, si un notaire est saisi, les coordonnées du notaire

Petit conseil très terre à terre : faites des copies propres, scannées correctement, et gardez une trace de tout. On pense toujours qu’on s’en souviendra, mais non.

Peut on continuer à utiliser la carte ou l’application du défunt

Non. Même si vous avez le code. Même si « c’est juste pour payer l’enterrement ». Même si vous étiez co titulaire d’une carte secondaire. Juridiquement, le compte et les moyens de paiement deviennent des éléments de la succession, et l’usage après décès peut être considéré comme irrégulier.

Il y a un point que beaucoup de gens découvrent un peu trop tard : le fait d’avoir les identifiants, ce n’est pas une autorisation. Et ça peut créer des conflits très sérieux entre héritiers, surtout si des dépenses sont faites après la date du décès.

Donc, règle simple : on n’utilise pas. On signale, on régularise, on passe par les canaux légaux.

Ce qui continue ou pas après le blocage du compte

Quand le compte est bloqué, en principe :

  • les virements sortants ne passent plus
  • les prélèvements sont stoppés
  • la carte est bloquée
  • les accès peuvent être neutralisés ou limités

Mais. Il y a parfois un délai entre le moment où la banque est informée, et le moment où tout est effectivement gelé. Pendant ce laps de temps, des opérations peuvent encore passer. Ce n’est pas forcément une faute, c’est juste la mécanique.

Et ensuite, il y a une nuance importante : certains paiements peuvent être autorisés même après blocage, mais uniquement dans des conditions précises.

Récap des frais BoursoBank : l’emplacement exact
Si tu es client BoursoBank, il y a un moment dans l’année où tu te poses la question. Pas parce que c’est fun, mais parce que ça peut être utile pour suivre ton budget, vérifier ce qui a été facturé, ou juste… comprendre ce que tu paies vraiment.

Les frais d’obsèques peuvent ils être payés depuis le compte BoursoBank

Oui, souvent, dans la limite d’un plafond légal et sous réserve de justificatifs.

En France, la banque peut régler directement les frais d’obsèques sur présentation de la facture, dans la limite de 5 000 € (plafond généralement admis par la réglementation et la pratique bancaire). La banque paie alors l’entreprise de pompes funèbres, pas un héritier.

Ça change tout, parce que ça évite d’avancer des sommes énormes.

Concrètement, il faut :

  • une facture d’obsèques
  • un RIB de l’entreprise de pompes funèbres
  • l’acte de décès
  • et la demande formelle à la banque

Si le compte est insuffisamment provisionné, la banque ne pourra pas faire de miracle. Mais si l’argent est là, c’est souvent la solution la plus simple.

Et pour les factures courantes, le loyer, l’électricité

Là, c’est plus délicat. En principe, tout est figé et les charges doivent être prises en charge dans le cadre de la succession.

Ce qui se passe souvent dans la vraie vie :

  • des abonnements continuent de tenter des prélèvements
  • des impayés se créent
  • le conjoint survivant panique parce que tout était prélevé sur ce compte

C’est pour ça que, si vous êtes proche et légitime pour gérer, il faut rapidement faire un état des lieux : quels prélèvements existent, quelles échéances arrivent, et quel compte peut prendre le relais.

Si le défunt avait un conjoint survivant, il est souvent préférable que ce conjoint utilise son propre compte pour la période de transition, puis que le notaire régularise dans la succession.

Cas particulier : compte joint BoursoBank, est ce que ça se bloque aussi

Voilà un point clé, et ça dépend du type de compte.

Compte joint : il devient en général un compte au nom du survivant, mais pas toujours aussi simple

Sur un compte joint (type « Monsieur OU Madame »), le principe est que le compte continue de fonctionner pour le co titulaire survivant. La banque ne bloque pas forcément tout, car l’argent sur le compte est présumé appartenir aux deux, et le survivant doit pouvoir vivre.

Mais. La part du défunt dans les fonds reste un sujet de succession. Donc le notaire peut demander des comptes, et la banque peut, selon les situations, demander des justificatifs, surtout si le solde est important.

Dans tous les cas, il faut informer la banque du décès, même si le compte joint continue.

Compte indivis (plus rare) : là, c’est blocage quasi automatique

Si le compte est en indivision (type « Monsieur ET Madame »), aucune opération ne peut être faite sans l’accord des deux. Donc au décès de l’un, tout s’arrête, puisqu’il manque une signature.

Que devient l’argent sur le compte du défunt

L’argent ne « disparaît » pas. Il intègre l’actif de succession.

En clair, il sera :

  • recensé par la banque
  • transmis au notaire ou aux héritiers selon la procédure
  • réparti ensuite selon les règles de la succession (testament, régime matrimonial, héritiers réservataires, etc.)

La banque établit généralement un état des avoirs à la date du décès, ce qui sert de photo officielle.

Et là, on touche un point très important : la date du décès est une frontière. Tout ce qui se passe après doit être justifié, encadré, et traçable.

Qui peut récupérer les fonds et à quel moment

Ça dépend si un notaire est saisi, et du montant de la succession.

S’il y a un notaire

Le notaire centralise tout, et la banque communique avec lui. Les héritiers récupèrent leur part à la fin, après règlement des dettes, des frais, et des éventuels droits de succession.

C’est plus long, mais c’est plus propre. Et souvent, ça évite des disputes.

S’il n’y a pas de notaire

Pour les successions simples et modestes, les héritiers peuvent parfois faire les démarches directement avec la banque, avec :

  • une attestation signée par l’ensemble des héritiers
  • un certificat d’hérédité ou une attestation dévolutive selon les cas
  • des pièces d’identité
  • et tout ce que la banque demande pour sécuriser

Dans la pratique, dès qu’il y a un doute, un conflit, ou un montant non négligeable, le notaire devient presque incontournable.

Compte joint BNP Paribas : passer d’individuel (vite)
On se dit souvent que ça va, qu’on peut très bien gérer « chacun son compte », et puis un jour on se retrouve à faire des virements internes toutes les semaines. Ou à partager un loyer, des courses, une garde d’enfant, un crédit, et ça commence à grincer. Pas méchamment. Juste… c’est lourd.

Les produits d’épargne chez BoursoBank : livret, assurance vie, PEA, compte titres

Tout ne se traite pas pareil.

Livrets et comptes à terme

Ils sont bloqués comme le compte courant, et intégrés à la succession. Rien de très exotique, à part les intérêts qui peuvent courir selon les conditions du produit.

Assurance vie : ce n’est pas « automatiquement » dans la succession

L’assurance vie a un régime à part. Si le défunt avait une assurance vie BoursoBank (ou ailleurs) avec un bénéficiaire désigné, ce capital est versé au bénéficiaire, en dehors de la succession en principe.

Mais il y a des subtilités :

  • clause bénéficiaire mal rédigée
  • bénéficiaire décédé
  • primes manifestement exagérées (rare, mais ça existe)
  • absence de bénéficiaire identifiable

Dans ces cas, ça peut retomber dans la succession, ou devenir litigieux.

PEA : clôture au décès

Le PEA est clôturé au décès du titulaire. La banque arrête l’enveloppe fiscale. Les titres peuvent être transférés dans un compte titres ordinaire au nom de la succession, ou liquidés, selon les choix et la procédure. Ce n’est pas juste « on le garde tel quel », non.

Compte titres ordinaire : il passe dans la succession

Les titres (actions, ETF, obligations) entrent dans la succession. Là, le notaire et les héritiers devront décider : vendre, transférer, répartir. Et parfois, il faut gérer le timing, parce qu’un marché peut bouger, et ça rend tout le monde nerveux.

Et les crédits, découverts, dettes : qui paie

Les dettes du défunt font partie de la succession.

Donc :

  • si le compte est à découvert, ce découvert est une dette de succession
  • si un crédit est en cours, il continue d’exister
  • s’il y a une assurance emprunteur, elle peut prendre le relais, selon les garanties

Important : les héritiers ne paient pas « de leur poche » tant qu’ils n’ont pas accepté la succession. En droit français, vous pouvez accepter, accepter à concurrence de l’actif net, ou refuser. Et ce choix change tout.

Dans la vraie vie, beaucoup de gens acceptent sans réfléchir, parce qu’ils pensent que c’est automatique. Prenez deux minutes, parlez au notaire s’il y en a un, ou au moins informez vous avant de signer quoi que ce soit.

Les prélèvements frauduleux et arnaques après décès, ça arrive

Oui. Et même plus qu’on le pense.

Parfois, ce n’est pas une fraude au sens spectaculaire. C’est juste :

  • un abonnement oublié qui continue
  • un service qui prélève alors que le contrat aurait dû s’arrêter
  • un proche qui utilise la carte « pour dépanner »
  • un escroc qui profite d’une période de flou

C’est pour ça que prévenir la banque vite, c’est aussi une protection.

Et si des opérations ont eu lieu après le décès, il faut les signaler au notaire et à la banque, et éviter de régler ça en famille autour d’un repas. Mauvaise idée. Tout doit être tracé.

Les délais : combien de temps ça prend

Ça dépend énormément du dossier.

  • Si tout est simple, héritiers d’accord, notaire réactif : quelques semaines à quelques mois.
  • Si succession complexe, héritiers multiples, biens immobiliers, conflits : plusieurs mois, parfois plus d’un an.

La banque, elle, avance à son rythme administratif, et elle doit être prudente. Ce n’est pas « juste » un virement à faire. Elle engage sa responsabilité si elle remet les fonds à la mauvaise personne.

Ce que vous pouvez faire tout de suite pour éviter les galères

Il y a des gestes simples qui ne règlent pas tout, mais qui évitent 80 % des problèmes.

  • Rassembler les documents : acte de décès, livret de famille, pièce d’identité, coordonnées du notaire.
  • Faire une liste des prélèvements et abonnements connus, même approximative.
  • Prévenir les organismes essentiels : employeur, caisses de retraite, mutuelle, bailleur, fournisseurs d’énergie.
  • Ne pas utiliser les moyens de paiement du défunt, même si c’est tentant.
  • Garder une trace écrite de chaque demande faite à la banque.

Et si vous sentez que ça part en conflit familial, que ça discute sur « qui a le droit », « qui prend quoi », stop. Notaire, cadre, écrit. Ça coûte, oui. Mais ça évite de payer dix fois plus en dégâts relationnels et en erreurs.

Désolidarisation compte joint BoursoBank (étapes)
Ouvrir un compte joint, sur le moment, ça paraît simple. Pratique, même. Un seul IBAN pour payer le loyer, les courses, les factures. Et puis un jour, la situation change. Séparation, divorce, dispute, ou juste envie de reprendre chacun son autonomie bancaire.

Pour conclure, sans faire trop solennel

Le décès du titulaire d’un compte BoursoBank entraîne, comme dans toute banque, une mécanique assez stricte : information du décès, blocage des comptes individuels, intégration des avoirs dans la succession, et déblocage uniquement avec les bons justificatifs, au bon moment, pour les bonnes personnes.

Ce qui complique, ce n’est pas BoursoBank en particulier. C’est le contexte. L’émotion, l’urgence, les habitudes, et parfois les tensions familiales.

Si vous devez retenir une seule idée : ne touchez pas au compte comme si c’était « juste un compte », signalez vite le décès, et mettez un cadre. Ça évite presque tout le reste.

Et si vous êtes en plein dedans, là, maintenant, et que vous hésitez entre faire au plus vite ou faire correctement : faites correctement. Même si c’est un peu plus lent.

Questions fréquemment posées

Que se passe-t-il avec le compte BoursoBank dès que la banque est informée du décès ?

Une fois que BoursoBank est officiellement informée et reçoit les justificatifs du décès, elle bloque le compte du défunt pour figer la situation, empêcher les retraits et virements, et protéger la succession. Cela concerne le compte courant, les comptes sur livret, les comptes titres, ainsi que les cartes bancaires et chéquiers qui deviennent inutilisables.

Qui doit informer BoursoBank du décès et comment procéder ?

Généralement, ce sont les membres de la famille (conjoint, enfants), un notaire ou parfois un mandataire qui doivent prévenir BoursoBank. Comme il s'agit d'une banque 100 % en ligne sans agence physique, il faut envoyer un dossier complet comprenant l'acte de décès, un justificatif d'identité du demandeur, un document prouvant le lien avec le défunt (livret de famille, acte de notoriété) et éventuellement les coordonnées du notaire via l'espace client ou par courrier.

Peut-on continuer à utiliser la carte bancaire ou l'application du défunt après son décès ?

Non. Même si vous avez les codes d'accès ou étiez co-titulaire d'une carte secondaire, l'utilisation des moyens de paiement du défunt après son décès est illégale car ces éléments font partie de la succession. Utiliser le compte sans autorisation peut entraîner des conflits entre héritiers et des problèmes juridiques.

Que devient le fonctionnement des prélèvements et virements après le blocage du compte BoursoBank ?

Après blocage, en principe les virements sortants sont stoppés, les prélèvements ne passent plus, la carte est bloquée et l'accès au compte est limité. Cependant, il peut y avoir un délai entre l'information à la banque et le gel total des opérations, pendant lequel certaines transactions peuvent encore être effectuées. Certains paiements spécifiques peuvent aussi être autorisés dans des conditions précises.

Quels documents faut-il fournir à BoursoBank pour gérer un compte suite à un décès ?

Il faut généralement fournir : un acte de décès officiel ; un justificatif d'identité du demandeur ; un document prouvant le lien avec le défunt ou la qualité d'héritier (comme un livret de famille ou une attestation dévolutive) ; et si un notaire est impliqué, ses coordonnées. Il est conseillé de faire des copies propres et bien scannées tout en conservant une trace de tous les échanges.

Est-il possible de payer les frais d’obsèques depuis le compte BoursoBank du défunt ?

Oui, souvent c’est possible dans certaines limites. Après information à la banque et selon les règles en vigueur, certains paiements tels que ceux liés aux frais d’obsèques peuvent être autorisés même après blocage partiel du compte pour permettre la gestion pratique immédiate liée au décès.