Un abonnement qui ne passe pas. Un client qui dit ne jamais avoir signé. Une facture qui se représente et qu’on ne comprend pas. Et là, on découvre qu’il y a une vraie logique derrière, avec des règles très précises.
Donc on va faire simple et concret. On parle ici d’autorisation de prélèvement SEPA au CIC, côté particulier et côté pro, comment la créer, comment la transmettre, quoi conserver, et quoi faire si vous devez la modifier ou la retirer.
Prélèvement SEPA : ce que vous autorisez réellement
Un prélèvement SEPA, ce n’est pas juste « je donne mon RIB ». C’est une autorisation encadrée qui repose sur un document précis : le mandat SEPA.
Le mandat contient notamment :
- votre identité (le débiteur)
- l’identité du créancier
- votre IBAN (et parfois le BIC, même si l’IBAN suffit souvent)
- une référence de mandat, appelée RUM (référence unique de mandat)
- la date et votre signature (papier ou électronique, selon le cas)
- le type de prélèvement : ponctuel ou récurrent
Et surtout, il y a deux autorisations en une :
- vous autorisez le créancier à envoyer des ordres de prélèvement à votre banque
- vous autorisez votre banque à débiter votre compte selon ces ordres
Au CIC, comme dans toutes les banques de la zone SEPA, c’est ce mandat qui fait foi.

Avant de commencer : vérifier si vous êtes débiteur ou créancier
C’est bête, mais beaucoup de gens mélangent.
- Vous êtes débiteur si quelqu’un prélève sur votre compte (ex : EDF, assurance, salle de sport, impôts, un fournisseur).
- Vous êtes créancier si vous allez prélever vos clients (ex : cabinet, association, e commerce avec abonnements, syndic, auto école, etc.).
La « mise en place » ne se fait pas pareil.
Donc je découpe l’article en deux parties :
- mettre en place une autorisation quand vous payez (débit sur votre compte CIC)
- mettre en place une autorisation quand vous encaissez (prélèvement sur les comptes de vos clients via votre compte CIC)
Mettre en place une autorisation de prélèvement SEPA au CIC quand vous payez (côté débiteur)
Étape 1 : obtenir et signer le mandat SEPA
Dans la majorité des cas, c’est le créancier qui vous donne le mandat. Il peut être :
- intégré à un contrat papier
- envoyé par mail avec une page à signer
- signé en ligne (case à cocher, signature électronique, validation SMS, selon les systèmes)
Conseil très terre à terre : gardez une copie. PDF, photo, scan. Parce qu’en cas de litige, c’est ça qu’on vous demandera.
Et non, la banque ne vous demandera pas forcément le mandat au moment où vous le signez. La banque débite quand elle reçoit l’ordre. Le mandat reste surtout chez le créancier, mais vous devez pouvoir prouver ce que vous avez accepté.
Étape 2 : transmettre votre IBAN (et parfois le BIC)
Le créancier vous demandera au minimum :
- votre IBAN
Le BIC est de plus en plus inutile en SEPA, mais certains formulaires le demandent encore. Le CIC peut vous le fournir facilement via vos relevés ou votre espace en ligne.
Étape 3 : attendre la première présentation du prélèvement
Une fois le mandat signé, le créancier peut présenter le prélèvement. Vous recevrez en principe une pré notification (souvent indiquée dans le contrat) : montant, date, périodicité. En vrai, certains organismes sont très carrés, d’autres beaucoup moins.
Côté CIC, le prélèvement apparaîtra sur votre compte comme une opération de type prélèvement SEPA avec le nom du créancier et parfois la RUM.

Étape 4 : vérifier et gérer dans l’espace client CIC
Selon votre accès (application mobile ou CIC en ligne), vous pouvez généralement :
- consulter les prélèvements passés
- repérer le créancier
- parfois gérer des autorisations ou oppositions
Les menus changent selon les versions, mais cherchez des rubriques du type « prélèvements », « moyens de paiement », « mandats », ou « autorisations ».
Si vous ne trouvez pas, franchement, ne perdez pas une heure. Le plus rapide reste souvent de contacter votre agence CIC ou le service client et de demander : « je veux vérifier les prélèvements SEPA actifs sur mon compte, et gérer une autorisation ».
Cas pratique : vous voulez bloquer un prélèvement, vous avez plusieurs options
Et là, il faut bien choisir.
- Rejet ponctuel : vous refusez un prélèvement présenté (utile si le montant est faux, ou si vous êtes en désaccord).
- Opposition sur un créancier : vous bloquez les prélèvements futurs d’un créancier donné.
- Révocation du mandat : c’est une démarche côté créancier en priorité, vous retirez l’autorisation (et vous pouvez en parallèle demander à la banque de bloquer).
Le mot important ici, c’est la traçabilité. Si vous révoquez, faites le par écrit au créancier (mail ou courrier), et gardez une preuve.
Délais et droits : ce que vous pouvez contester (très important)
En SEPA, vous avez des droits clairs :
- Prélèvement autorisé mais contesté (montant, date, etc.) : vous pouvez demander un remboursement dans un délai de 8 semaines à partir de la date de débit.
- Prélèvement non autorisé (mandat absent ou invalide) : vous pouvez contester jusqu’à 13 mois après le débit (avec des conditions, et il faudra expliquer).
Ce n’est pas « une faveur » de la banque, c’est le cadre SEPA. Au CIC, vous passez par votre conseiller ou les procédures de contestation prévues.
Mettre en place une autorisation de prélèvement SEPA au CIC quand vous encaissez (côté créancier)
Là on change de monde. Si vous voulez prélever vos clients, vous ne pouvez pas juste imprimer un mandat et vous lancer. Il y a des prérequis.
Étape 1 : vérifier que votre compte CIC est adapté (pro, asso, etc.)
Pour encaisser par prélèvement SEPA, il faut généralement :
- un compte professionnel ou un compte association (selon votre statut)
- un service d’encaissement prélèvements activé au CIC
- parfois un contrat spécifique (selon volumes, fichiers, canaux)
Le CIC propose des solutions d’encaissement. Le vocabulaire peut varier, mais l’idée est là : vous avez besoin d’un cadre bancaire pour émettre des prélèvements.
Étape 2 : obtenir un ICS (identifiant créancier SEPA)
Pour émettre des prélèvements SEPA, il vous faut un ICS (identifiant créancier SEPA). C’est l’identifiant officiel qui permet de vous reconnaître en tant que créancier dans le système SEPA.
En pratique :
- vous le demandez via votre banque (donc le CIC)
- il est lié à votre structure
- il doit figurer dans vos échanges de prélèvement
Sans ICS, pas d’émission de prélèvements.

Étape 3 : créer un mandat SEPA conforme (et carré)
Votre mandat doit être conforme SEPA. Il existe des modèles standard, mais attention aux champs obligatoires.
Un mandat propre contient :
- votre nom / raison sociale (créancier)
- votre ICS
- l’adresse du créancier
- les coordonnées du débiteur
- l’IBAN du débiteur
- le type de paiement (ponctuel ou récurrent)
- la RUM (que vous attribuez)
- la date, le lieu, la signature
Et il doit inclure la phrase d’autorisation SEPA (souvent déjà présente sur les modèles).
Petit point qui évite des galères : la RUM doit être unique pour chaque mandat, et vous devez être capable de la retrouver. Ce n’est pas juste un numéro au hasard sur un coin de table.
Étape 4 : faire signer (papier ou électronique) et archiver
Vous pouvez faire signer :
- sur papier (signature manuscrite)
- via signature électronique (si votre outil le permet et que c’est juridiquement acceptable)
Ensuite, vous archivez. Et j’insiste un peu parce que c’est la base : en cas de contestation « mandat absent », votre banque ou la banque du client peut exiger que vous présentiez le mandat. Si vous ne l’avez plus, c’est pour vous.
Organisation simple :
- un dossier par client
- mandat en PDF + pièce justificative si nécessaire
- tableau de suivi : RUM, date de signature, IBAN, statut (actif, révoqué)
Étape 5 : transmettre les prélèvements au CIC (selon votre canal)
Selon votre configuration au CIC, l’envoi des prélèvements peut se faire :
- via un logiciel de gestion compatible
- via un échange de fichiers (souvent format XML SEPA, pain.008)
- via une solution d’encaissement proposée par la banque ou un prestataire
Là, ça dépend beaucoup de votre volume et de votre outillage. Une association qui prélève 30 adhésions par mois n’a pas les mêmes besoins qu’une entreprise qui prélève 5 000 abonnements.
Votre conseiller CIC vous dira le canal exact, mais le principe reste : vous émettez des ordres de prélèvement rattachés à des mandats existants.
Étape 6 : envoyer la pré notification au client
Règle SEPA : le débiteur doit être informé avant le prélèvement, sauf accord contraire. En pratique, beaucoup d’entreprises l’intègrent dans le contrat (ex : « prélèvement le 5 de chaque mois »). Si vous changez le montant ou la date, il faut prévenir.
Ça paraît secondaire… jusqu’au jour où un client vous dit : « je n’étais pas au courant », et conteste.
Modifier une autorisation : IBAN qui change, mandat qui évolue
Si vous êtes débiteur et que vous changez de compte CIC
Quand vous changez d’IBAN, votre ancien mandat ne se transfère pas toujours automatiquement. Il faut souvent :
- soit signer un nouveau mandat
- soit fournir au créancier vos nouvelles coordonnées et suivre sa procédure
Certaines entreprises gèrent ça très bien, d’autres vous redemandent tout. Normal.
Si vous êtes créancier et que le client change d’IBAN
En général, vous devez :
- faire signer un nouveau mandat, ou un avenant selon votre process
- attribuer une nouvelle RUM (souvent recommandé) ou gérer la continuité selon vos outils
- garder la trace, toujours
Évitez les bricolages. Le SEPA, c’est très normé.

Révoquer une autorisation de prélèvement : la méthode propre
Côté débiteur (vous payez)
Si vous voulez arrêter un prélèvement :
- vous informez le créancier : « je révoque le mandat SEPA n°..., RUM..., à compter du ... »
- vous demandez si besoin au CIC de bloquer les prélèvements du créancier (opposition)
Le duo « révocation + opposition » évite les mauvaises surprises si le créancier tente quand même un prélèvement.
Côté créancier (vous encaissez)
Si un client révoque :
- vous devez arrêter d’émettre des prélèvements sur ce mandat
- vous archivez la révocation (preuve, date)
- si le client revient plus tard, vous repartez sur un mandat propre
Un prélèvement émis après révocation, c’est le genre de chose qui peut se retourner contre vous très vite.
Les erreurs classiques que je vois tout le temps
« Il m’a donné son RIB, donc c’est bon »
Non. Sans mandat, vous êtes fragile en cas de contestation.
« On a un mandat, mais on ne sait plus où il est »
C’est le pire scénario côté créancier. Il faut un système d’archivage, même simple.
« On ne prévient pas avant, ça passe toujours »
Jusqu’au jour où ça ne passe pas. La pré notification, c’est une règle. Vous pouvez l’intégrer au contrat, mais il faut que ce soit clair.
« J’ai bloqué le prélèvement, donc le mandat est annulé »
Bloquer via la banque n’annule pas forcément le mandat côté créancier. Et l’inverse aussi. Faites les deux quand il le faut.
« Je ne reconnais pas le nom du créancier sur mon relevé CIC »
Parfois le libellé est différent de la marque commerciale. Regardez l’ICS s’il apparaît, cherchez la RUM, ou demandez au CIC des détails sur l’émetteur.
Mini check list : mettre en place une autorisation au CIC sans se tromper
Si vous payez (débiteur)
- vous signez un mandat SEPA
- vous donnez votre IBAN
- vous conservez une preuve du mandat
- vous surveillez le premier prélèvement
- en cas de problème : rejet, opposition, révocation selon le besoin
Si vous encaissez (créancier)
- vous activez le service au CIC
- vous obtenez un ICS
- vous créez un mandat conforme avec RUM unique
- vous faites signer et vous archivez
- vous envoyez la pré notification
- vous émettez les prélèvements via le canal prévu (fichier SEPA, logiciel, solution CIC)
Conclusion : c’est simple, mais pas approximatif
Mettre en place une autorisation de prélèvement SEPA au CIC, ce n’est pas compliqué. Mais c’est un processus où l’à peu près coûte cher, surtout si vous êtes créancier. Le mandat, la RUM, l’archivage, la pré notification. C’est ça le vrai kit de survie.
Si vous voulez, dites moi votre cas exact : particulier ou pro, vous payez ou vous encaissez, et par quel canal (contrat papier, en ligne, logiciel). Je peux vous donner une marche à suivre plus ciblée, avec les points à vérifier avant d’appuyer sur « valider ».
Questions fréquemment posées
Qu'est-ce qu'un mandat SEPA et que contient-il ?
Un mandat SEPA est un document officiel qui autorise un créancier à prélever des fonds sur le compte bancaire d'un débiteur. Il contient l'identité du débiteur, celle du créancier, l'IBAN (et parfois le BIC), une référence unique de mandat (RUM), la date, la signature du débiteur, ainsi que le type de prélèvement (ponctuel ou récurrent). Ce mandat permet au créancier d'envoyer des ordres de prélèvement à la banque du débiteur, qui autorise ensuite le débit.
Quelle est la différence entre être débiteur et créancier dans le cadre d'un prélèvement SEPA au CIC ?
Être débiteur signifie que des prélèvements sont effectués sur votre compte bancaire (par exemple EDF, assurance, impôts). Être créancier signifie que vous prélevez vos clients via votre compte CIC (par exemple un cabinet, une association ou un e-commerce avec abonnements). La mise en place des autorisations diffère selon que vous êtes débiteur ou créancier.
Comment mettre en place une autorisation de prélèvement SEPA au CIC en tant que débiteur ?
Pour mettre en place une autorisation de prélèvement SEPA au CIC quand vous payez : 1) Obtenez et signez le mandat SEPA fourni par le créancier (papier, mail ou signature électronique) et conservez-en une copie. 2) Transmettez votre IBAN (et éventuellement votre BIC) au créancier. 3) Attendez la première présentation du prélèvement avec sa pré-notification. 4) Vérifiez et gérez les prélèvements dans votre espace client CIC.
Pourquoi est-il important de conserver une copie du mandat SEPA signé ?
Conserver une copie du mandat SEPA signé est essentiel car c'est la preuve juridique de votre consentement au prélèvement. En cas de litige ou contestation d'un prélèvement, ce document sera demandé pour vérifier que vous avez bien autorisé le créancier à prélever votre compte. La banque ne demande pas forcément ce mandat au moment du débit.
Que faire si je souhaite modifier ou retirer mon autorisation de prélèvement SEPA au CIC ?
Pour modifier ou retirer une autorisation de prélèvement SEPA, vous devez contacter directement le créancier pour lui notifier votre demande. Vous pouvez également faire opposition auprès de votre banque via votre espace client CIC ou en contactant le service client. Gardez à l'esprit que la gestion administrative se fait principalement entre vous et le créancier.
Comment reconnaître un prélèvement SEPA sur mon relevé bancaire CIC ?
Un prélèvement SEPA apparaît sur votre relevé bancaire CIC comme une opération indiquant 'prélèvement SEPA', souvent accompagnée du nom du créancier et parfois de la référence unique de mandat (RUM). Vous pouvez consulter ces opérations dans votre espace client en ligne ou via l'application mobile CIC pour suivre vos paiements par prélèvements automatiques.



