Et puis, il y a ce truc diffus avec le CIC, comme avec beaucoup de banques historiques : un mélange d’habitude, de « je connais mon agence », et aussi une petite crainte de casser quelque chose. Un prélèvement qui saute. Un salaire qui arrive au mauvais endroit. Un virement important bloqué.
Bon. Respirez. Quitter le CIC pour changer de banque, aujourd’hui, c’est surtout une question de méthode et de timing. Et, selon votre situation, ça peut être très rapide.
Je vous explique tout, étape par étape, avec les pièges classiques et les raccourcis utiles.
Pourquoi quitter CIC, au juste ?
On ne ferme pas un compte pour le plaisir. En général, il y a une ou plusieurs raisons.
- Des frais qui montent doucement, mais sûrement : tenue de compte, carte, options… et à la fin, ça fait une somme.
- Un service client qui ne suit plus : conseiller qui change, délais, rendez-vous, réponses floues.
- Envie d’une banque en ligne : appli plus claire, notifications, carte virtuelle, virements instantanés, etc.
- Besoin d’un nouveau départ : compte joint, séparation, déménagement, gestion différente.
Et parfois c’est juste un déclic. Vous regardez votre relevé, vous voyez une ligne « cotisation », et vous vous dites « pourquoi je paie ça déjà ? ».

Avant de partir : faire un mini état des lieux
Ne sautez pas tout de suite à la fermeture. D’abord, on prépare la sortie. Ça évite 90 % des problèmes.
1) Listez tout ce qui passe par votre compte CIC
Prenez vos relevés des 3 à 6 derniers mois et notez :
- votre salaire (ou vos revenus)
- vos prélèvements : EDF, impôts, opérateur, assurance, streaming, crèche, etc.
- vos virements récurrents : loyer, épargne, pension, argent de poche…
- les paiements par carte : pas besoin de tout lister, mais repérez les services où votre carte est enregistrée (péage, Apple Pay, abonnements)
L’idée n’est pas d’écrire un roman. Juste ne rien oublier.
2) Vérifiez vos produits « attachés » au CIC
C’est là que ça se complique un peu, parfois.
- Livret A, LDDS : transférables, mais souvent ça implique une clôture puis une réouverture ailleurs (on ne « déplace » pas toujours comme un fichier).
- PEL, CEL : attention, selon l’ancienneté, fermer peut faire perdre des avantages.
- Assurance-vie : ce n’est pas un compte bancaire classique. On peut la garder même en changeant de banque, mais ce sera à gérer séparément.
- Crédit immobilier ou crédit conso : vous pouvez changer de banque sans rembourser votre crédit, mais il peut y avoir une domiciliation de revenus, une assurance emprunteur, des conditions particulières.
- Compte-titres, PEA : transférables, mais ça peut prendre du temps et générer des frais de transfert.
Donc avant de fermer, posez-vous une question simple : « est-ce que je veux juste changer de compte courant, ou tout déplacer ? ».
3) Regardez si vous êtes à découvert ou si vous avez des opérations en cours
- un découvert autorisé : il faudra le remettre à zéro avant clôture
- des chèques non débités : attendez qu’ils passent, sinon ça devient pénible
- des paiements carte en différé : idem, laissez le cycle se terminer
- des virements programmés : notez-les, désactivez-les ou recréez-les ailleurs
On veut une clôture propre. Sans queue de comète.
La méthode la plus simple : utiliser la mobilité bancaire
Si vous changez pour une autre banque en France, vous pouvez très souvent utiliser le service de mobilité bancaire. C’est le fameux dispositif (lié à la loi Macron) qui permet à votre nouvelle banque de s’occuper du transfert de vos opérations récurrentes.
Concrètement :
- Vous ouvrez un compte dans la nouvelle banque.
- Vous signez un mandat de mobilité.
- La nouvelle banque contacte le CIC et récupère la liste des prélèvements et virements récurrents.
- Elle informe les organismes et met en place le basculement.
Ce que ça change pour vous : beaucoup moins de paperasse. Et surtout, moins d’oublis.
Petite nuance importante : la mobilité bancaire gère les prélèvements et virements récurrents, mais pas tout. Par exemple, les paiements par carte enregistrés sur un site, c’est à vous de les mettre à jour.
Étape par étape : comment quitter CIC proprement
Étape 1 : ouvrir votre nouveau compte (et le tester un peu)
Ouvrez votre nouveau compte, récupérez votre IBAN, votre carte, l’accès à l’appli. Faites quelques opérations simples :
- un petit virement entrant
- un petit paiement carte
- éventuellement un virement sortant vers le CIC
Juste pour vérifier que tout roule. C’est bête, mais ça rassure.
Étape 2 : basculer vos revenus et charges
Vous avez deux options :
- Option A : mobilité bancaire (recommandée si possible).
- Option B : vous faites tout vous-même (ça marche aussi, mais il faut être carré).
Dans tous les cas, prévoyez une période de transition. Un mois, c’est bien. Deux mois si vous avez beaucoup de prélèvements.
Pendant cette période, gardez un peu d’argent sur le compte CIC pour éviter un rejet.

Étape 3 : récupérer les moyens de paiement et sécuriser l’après
Avant de demander la clôture :
- détruisez votre ancienne carte CIC (ou gardez-la inactive, mais ne la laissez pas traîner)
- vérifiez que vous n’avez plus de paiements en différé en attente
- si vous avez un chéquier CIC : notez qu’en cas de clôture, il ne doit plus être utilisé. Idéalement, détruisez-le aussi.
Et surtout, assurez-vous que votre nouveau RIB a bien été pris en compte par les organismes importants : impôts, CAF, employeur, retraite, mutuelle, etc.
Étape 4 : demander la clôture de votre compte CIC
Quand tout est basculé, vous pouvez demander la fermeture.
En général, vous pouvez :
- passer en agence
- ou envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception (souvent la méthode la plus nette)
Certaines situations peuvent aussi se gérer via messagerie sécurisée, mais pour une clôture, le courrier reste le plus universel.
Ce que votre demande doit contenir
- votre nom, prénom
- votre adresse
- le numéro du compte à clôturer (IBAN)
- la demande explicite de clôture
- la date
- votre signature
- un RIB de votre nouvelle banque pour transférer le solde créditeur
Et pensez à demander une confirmation écrite de la clôture.
Modèle de lettre simple
« Je soussigné(e) [Nom Prénom], titulaire du compte n° [IBAN], vous demande la clôture de ce compte ainsi que de l’ensemble des services associés. Je vous prie de virer le solde créditeur restant sur le compte suivant : [IBAN nouvelle banque]. Merci de me confirmer par écrit la bonne prise en compte de cette clôture. »
Ça suffit. Inutile d’en faire des tonnes.
Étape 5 : vérifier les derniers mouvements
Après la clôture, surveillez :
- votre nouveau compte : est-ce que tout est bien passé ?
- vos mails ou courriers : un organisme peut vous dire « paiement rejeté »
- vos applications : certains services n’acceptent pas un changement de carte sans validation
Gardez vos anciens relevés CIC quelque part. Téléchargez-les avant de fermer l’accès en ligne, parce qu’après, ce n’est pas toujours simple de les récupérer.
Et si vous avez un crédit au CIC ?
On peut changer de banque même avec un prêt en cours au CIC. Le crédit reste au CIC, et votre compte courant peut être ailleurs. Mais.
- Si votre prêt est prélevé sur votre compte CIC, il faudra soit garder un compte support, soit modifier le compte de prélèvement (à voir avec le CIC).
- S’il y a une clause de domiciliation de revenus, vérifiez ce que vous avez signé. Certaines clauses ont des limites dans le temps, et il peut y avoir des contreparties tarifaires.
Dans le doute, demandez un écrit. Et ne fermez pas le compte tant que le prélèvement du crédit n’est pas correctement repositionné.
Les frais possibles, et comment les éviter
En France, la clôture d’un compte courant est en principe gratuite. Mais vous pouvez avoir des frais indirects :
- frais de transfert pour un PEA ou compte-titres
- frais liés à des incidents : rejet de prélèvement, découvert non régularisé
- frais de tenue de compte jusqu’à la date de clôture effective
Le meilleur moyen d’éviter les coûts bêtes : laisser le compte CIC ouvert le temps de la transition, avec un petit matelas, puis clôturer quand tout est stable.
Cas particuliers qui font perdre du temps (donc autant les anticiper)
Compte joint
Pour un compte joint CIC, la clôture demande généralement l’accord de tous les cotitulaires. Et là, si vous êtes en séparation ou en conflit… oui, ça peut coincer.
Solution fréquente : demander la désolidarisation (ou transformer en compte individuel si possible), puis clôturer. À traiter en agence, souvent.
Compte avec procuration
La procuration ne bloque pas une clôture, mais ça peut compliquer la communication. Clarifiez qui fait quoi, et récupérez les moyens de paiement.
Chèques en circulation
Si vous avez donné des chèques qui ne sont pas encore encaissés, attendez. Ou contactez les bénéficiaires et remplacez par virement. Fermer avec des chèques en attente, c’est le meilleur moyen de se créer un micro feuilleton.
Petite check-list rapide, pour ne rien oublier
- Nouveau compte ouvert, carte reçue, appli OK
- Salaire ou revenus basculés
- Prélèvements basculés (ou mobilité bancaire activée)
- Abonnements avec carte enregistrée mis à jour
- Chèques en circulation encaissés
- Paiements différés passés
- Découvert régularisé
- Relevés CIC téléchargés
- Demande de clôture envoyée avec RIB de destination
- Confirmation de clôture reçue
Oui, c’est un peu administratif. Mais c’est une fois.

Conclusion : quitter le CIC, c’est surtout une transition bien gérée
Le point clé, ce n’est pas la lettre de clôture. C’est la période de bascule. Si vous sécurisez vos prélèvements, vos revenus, et vos paiements du quotidien, le reste se fait presque tout seul.
Prenez une heure, faites votre liste, lancez la mobilité bancaire si vous pouvez, gardez un petit coussin sur le compte CIC pendant un mois ou deux, puis fermez proprement. Et voilà. Vous êtes ailleurs, et vous ne vous réveillez pas un matin avec un prélèvement rejeté pour une raison idiote.
C’est tout ce qu’on veut, au fond. Une sortie propre. Sans stress inutile.
Questions fréquemment posées
Pourquoi envisager de quitter ma banque CIC ?
Quitter le CIC peut être motivé par plusieurs raisons : augmentation progressive des frais (tenue de compte, carte, options), un service client insatisfaisant, l'envie d'une banque en ligne avec une application plus pratique, ou encore un besoin de changement suite à une situation personnelle comme un déménagement ou une séparation.
Quelles sont les étapes préparatoires avant de fermer mon compte CIC ?
Avant de fermer votre compte, il est essentiel de faire un état des lieux : listez tous vos revenus, prélèvements et virements récurrents des 3 à 6 derniers mois, vérifiez les produits attachés à votre compte (Livret A, PEL, assurance-vie, crédits), et assurez-vous que votre compte n'est pas à découvert et que toutes les opérations en cours sont terminées.
Comment gérer mes produits financiers liés au CIC lors du changement de banque ?
Certains produits comme le Livret A ou le LDDS nécessitent souvent une clôture puis une réouverture ailleurs. Les PEL ou CEL peuvent perdre leurs avantages si fermés prématurément. Les crédits restent remboursables même après changement, mais vérifiez la domiciliation des revenus et assurances. Les comptes-titres et PEA peuvent être transférés mais cela prend du temps et peut engendrer des frais.
Qu'est-ce que le service de mobilité bancaire et comment facilite-t-il le changement de banque ?
Le service de mobilité bancaire est un dispositif légal qui permet à votre nouvelle banque de prendre en charge le transfert automatique de vos prélèvements et virements récurrents depuis votre ancienne banque (ici le CIC). Vous ouvrez un nouveau compte, signez un mandat de mobilité, et la nouvelle banque s'occupe du reste pour simplifier la transition.
Quels pièges éviter lors du changement de banque depuis le CIC ?
Évitez de fermer votre compte trop tôt sans avoir transféré toutes vos opérations. Assurez-vous que les chèques non débités ou paiements différés soient passés. Ne négligez pas les abonnements enregistrés sur votre carte. Enfin, veillez à remettre votre découvert autorisé à zéro pour une clôture propre.
Combien de temps peut prendre le changement complet de banque depuis le CIC ?
Selon votre situation et la méthode utilisée (notamment avec la mobilité bancaire), le processus peut être rapide. Cependant, certains transferts comme les comptes-titres ou PEA peuvent prendre plus longtemps. Une bonne préparation en amont accélère considérablement la procédure.


