Parce qu’il y a de l’argent, des habitudes, parfois un couple, parfois une séparation, parfois juste une envie de remettre les choses au carré.
Si vous avez un compte joint chez Monabanq et que vous vous demandez comment faire pour ne plus être co titulaire, ce guide est là pour ça. On va parler procédure, documents, délais, pièges classiques, et surtout ce que vous devez sécuriser avant de lancer la demande.
Compte joint : ce que signifie « se désolidariser », vraiment
Dans le langage courant, on dit « je veux me désolidariser ». En pratique, ça veut dire une chose très précise : vous demandez à ne plus être titulaire du compte joint.
Et ça implique deux conséquences majeures, que beaucoup de gens découvrent un peu tard :
- Vous n’aurez plus le droit d’utiliser le compte (logique, vous n’êtes plus co titulaire).
- Vous ne devez plus être responsable de ce qui s’y passe… mais attention, uniquement à partir du moment où la désolidarisation est effective, et pas avant.
Sur un compte joint, chaque titulaire peut souvent agir seul selon les conditions du compte (signature « Eux » ou « Eux et » selon le type de fonctionnement). Donc tant que vous êtes encore co titulaire, un découvert, un incident de paiement, un chèque émis, une carte utilisée, ça peut vous retomber dessus.
Oui, même si ce n’est pas vous.
Avant de faire la demande : 6 choses à vérifier, sinon vous allez le regretter
Je préfère être un peu lourd là dessus, parce que c’est le cœur du sujet. La désolidarisation n’est pas juste un courrier et hop.
1. Le solde du compte et les opérations en cours
Regardez :
- le solde réel,
- les paiements carte non encore débités,
- les chèques en circulation,
- les prélèvements à venir,
- les virements programmés.
Un compte peut afficher 300 € et en réalité être déjà « réservé » par 500 € d’opérations en attente. Si vous partez en pensant que tout est ok, puis que le compte passe à découvert après votre demande, ça devient vite un bazar.

2. Le découvert autorisé et les dettes éventuelles
S’il y a un découvert, même « petit », traitez le sujet avant. Parce que la banque, elle, voit surtout une chose : qui est responsable du remboursement ?
Sur un compte joint, en général, la solidarité joue. Donc si l’autre ne rembourse pas, on peut venir vous chercher.
3. Les prélèvements importants (loyer, impôts, crédit, énergie)
Listez les prélèvements qui comptent vraiment. Puis posez vous une question bête : « Si ce compte s’arrête demain, qu’est ce qui casse en premier ? »
Typiquement :
- loyer,
- impôts,
- assurance habitation,
- électricité, gaz, internet,
- abonnements,
- mutuelle.
Avant de vous retirer, il faut souvent migrer ces prélèvements vers un compte personnel (le vôtre, ou celui de l’autre). Sinon, vous créez des incidents de paiement et c’est exactement ce que vous voulez éviter.
4. Les moyens de paiement attachés au compte
Cartes bancaires, chéquier. Si vous avez une carte liée au compte joint, elle finira en général par être bloquée ou à restituer une fois la désolidarisation actée, selon l’organisation retenue.
Faites attention à un point tout bête : certaines personnes n’ont plus de carte perso et utilisent la carte du joint « en attendant ». Mauvaise idée. Ouvrez ou réactivez votre compte perso avant.
5. L’épargne ou les produits liés
Parfois, le compte joint sert de compte pivot : il alimente une épargne, un livret, un compte titre, ou sert de compte de prélèvement pour un crédit. Vérifiez les liens.
6. La communication avec l’autre co titulaire
On peut être fâchés, séparés, ou juste fatigués. Mais dans beaucoup de cas, la désolidarisation d’un compte joint demande un minimum de coordination.
Et si c’est impossible, il faut le savoir tout de suite, parce que la stratégie n’est pas la même.

Comment se désolidariser d’un compte joint Monabanq : le principe général
Chez Monabanq, comme dans les banques françaises en général, la désolidarisation d’un compte joint passe par une demande formelle, souvent écrite, et le traitement dépend de ce que vous voulez faire du compte :
- soit fermer le compte joint,
- soit le transformer (par exemple en compte individuel au nom d’un seul titulaire),
- soit retirer un titulaire et laisser l’autre continuer (ce qui revient souvent à transformer le compte en compte individuel de l’autre, ou à ouvrir un autre compte pour reprendre les opérations).
En pratique, l’option la plus propre, c’est souvent : vous récupérez votre autonomie bancaire sur votre compte personnel, et le compte joint est soit fermé, soit conservé par l’autre seul.
Mais attention : un compte joint ne peut pas « rester joint » si vous n’êtes plus co titulaire. Donc il y a forcément un changement de statut ou une clôture.
La procédure pas à pas (simple, mais à faire dans l’ordre)
Étape 1 : préparez votre compte personnel
Même si vous avez déjà un compte perso ailleurs, assurez vous que vous pouvez :
- recevoir votre salaire ou vos revenus,
- payer vos charges,
- faire vos virements,
- avoir une carte active.
Si vous n’avez pas de compte perso, ouvrez en un avant. Sinon, vous allez vous retrouver coincé pile au moment où le compte joint se fige.
Étape 2 : basculez vos opérations récurrentes
Faites une liste des prélèvements et virements récurrents et migrez les.
Petit conseil très terrain : faites une période de chevauchement. Pendant un mois, laissez de l’argent sur le joint pour absorber les prélèvements qui traînent, tout en basculant au fur et à mesure.
Étape 3 : mettez le compte joint au propre
Idéalement :
- solde proche de zéro (ou réparti clairement),
- pas de chèques en circulation,
- pas de paiement carte en attente.
Si vous devez vous partager un solde, faites le par virement et gardez une trace.
Étape 4 : envoyez la demande de désolidarisation à Monabanq
Monabanq étant une banque en ligne, beaucoup de démarches se font via l’espace client, messagerie sécurisée, ou courrier selon le cas. Pour une désolidarisation, le plus prudent reste un écrit daté et signé, et souvent un envoi en recommandé avec accusé de réception si le contexte est tendu ou si vous voulez bétonner la preuve de date.
Dans votre demande, indiquez clairement :
- vos nom, prénom, adresse,
- le numéro du compte joint (IBAN),
- votre volonté de vous retirer du compte,
- ce que vous demandez ensuite : clôture du compte ou transformation en compte individuel au nom de l’autre (si c’est ce qui est prévu),
- la date, la signature.
Et si Monabanq vous demande un document spécifique ou un formulaire, suivez leurs instructions. Les banques aiment leurs process, même quand le courrier est clair.
Étape 5 : attendez la confirmation écrite de la banque
Ne vous fiez pas à un « c’est bon » oral ou à un message vague. Tant que vous n’avez pas une confirmation claire que vous n’êtes plus titulaire, vous restez exposé.
Quand c’est effectif, conservez le courrier ou l’email de confirmation.
Modèle de lettre (à adapter)
Vous pouvez utiliser une structure comme celle ci, en restant sobre :
« Je soussigné(e) [Nom Prénom], co titulaire du compte joint Monabanq n° [IBAN], vous informe par la présente de ma volonté de me désolidariser dudit compte.
Je vous demande en conséquence de procéder à [la clôture du compte / la transformation du compte en compte individuel au nom de M./Mme …], et de me confirmer par écrit la prise en compte effective de ma demande.
Fait à [Ville], le [Date]. Signature »
Adaptez la partie entre crochets. Et si vous avez un contexte sensible, ajoutez une phrase sur la restitution des moyens de paiement ou sur l’état du solde au jour de la demande, mais sans partir dans un roman.

Et si l’autre co titulaire refuse ?
C’est là que les choses deviennent moins « administratives » et plus humaines. En général, se retirer d’un compte joint ne devrait pas dépendre du bon vouloir de l’autre. Mais dans la pratique, la banque peut exiger certaines étapes pour éviter de laisser un compte actif dans une configuration bancale.
Ce que vous devez viser dans tous les cas :
- bloquer le risque,
- arrêter les opérations non maîtrisées,
- obtenir une date claire.
Selon les banques, une désolidarisation peut entraîner la conversion du compte en compte indivis (fonctionnement « deux signatures » pour les opérations), le temps de régler la suite. Ça évite qu’un seul titulaire continue à agir librement pendant que l’autre essaie de sortir.
Si vous sentez que ça va être conflictuel, demandez à Monabanq quelle est la procédure prévue dans ce cas précis : est ce qu’ils figent le compte, est ce qu’ils exigent une clôture, est ce qu’ils basculent en compte indivis, etc.
Et envoyez vos demandes par écrit. Toujours.
Désolidarisation ou clôture : quelle est la meilleure option ?
Ça dépend du scénario.
Cas 1 : vous êtes d’accord tous les deux, tout est clean
Le plus simple :
- soit vous fermez le compte joint,
- soit l’un des deux le garde en compte individuel.
Souvent, fermer est plus net. Mais si le compte sert encore (par exemple pour recevoir un remboursement, ou parce que des organismes ont encore cet IBAN), le garder temporairement peut avoir du sens.
Cas 2 : séparation conflictuelle ou confiance zéro
L’objectif, ce n’est pas l’élégance. C’est la sécurité.
Dans ces cas là, on évite de laisser un compte joint « vivre » avec la possibilité que l’autre fasse n’importe quoi. Donc :
- on écrit,
- on demande le changement de fonctionnement si possible,
- on prépare la clôture.
Et on garde des preuves de tout.
Cas 3 : il y a un crédit ou des engagements communs
Attention : se désolidariser d’un compte joint ne vous désolidarise pas forcément d’un crédit commun, d’une caution, ou d’un engagement signé à deux.
Si vous avez un prêt immobilier, un crédit conso, ou même une autorisation de découvert liée à un contrat commun, traitez ça à part. La banque peut très bien vous dire : « Ok pour le compte, mais le prêt reste à deux ».
Et ça, c’est un autre dossier.

Quels délais pour une désolidarisation chez Monabanq ?
Il n’y a pas un délai unique magique. Ça dépend :
- de la complétude de votre dossier,
- de l’existence d’opérations en cours,
- de la solution choisie (clôture, transformation),
- et parfois de la réactivité de l’autre titulaire si sa validation est requise pour la suite.
Ce que vous pouvez faire, vous, pour accélérer :
- envoyer un courrier clair, signé, avec les références exactes,
- joindre une copie de pièce d’identité si demandé,
- préciser ce que vous souhaitez pour l’avenir du compte,
- éviter les allers retours flous.
Et relancer via la messagerie sécurisée si vous n’avez pas de retour.
Les erreurs classiques (et franchement évitables)
Quitter le compte joint en laissant un découvert
C’est la pire. Parce que vous pensez partir, mais vous laissez une dette. Et même si moralement ce n’est pas la vôtre, contractuellement, ça peut le devenir.
Oublier les abonnements et prélèvements
Netflix, salle de sport, cloud, assurances, impôts. Le compte joint se vide, prélèvement rejeté, frais, relances. Et parfois fichage bancaire si ça dégénère. Oui, pour un truc bête.
Continuer à utiliser la carte du compte joint « encore un peu »
Non. Une fois que vous lancez la démarche, coupez le réflexe. Utilisez votre carte perso. Sinon vous mélangez tout, et ça complique la séparation des dépenses.
Ne pas demander de confirmation écrite
Sans preuve, vous êtes dans le flou. Et le flou bancaire, c’est rarement en faveur du client.
Après la désolidarisation : les checks à faire
Quand Monabanq confirme que c’est terminé, faites encore ces vérifications :
- vous n’apparaissez plus comme titulaire dans vos documents,
- vos accès éventuels au compte joint sont bien coupés (c’est normal),
- les moyens de paiement liés au compte joint sont désactivés ou restitués si demandé,
- vous avez bien un relevé final ou une trace de l’état du compte à la date de sortie.
Et si le compte est clôturé, demandez ou conservez l’attestation de clôture si besoin.
FAQ rapide (les questions qu’on se pose tous)
Est ce que je peux me désolidariser sans l’accord de l’autre ?
Souvent oui pour exprimer votre volonté de sortir, mais la mise en œuvre peut dépendre du traitement bancaire (clôture, transformation, passage en indivision). Dans tous les cas, écrivez à Monabanq et demandez la procédure en cas de désaccord.
Est ce que je reste responsable des dettes après mon départ ?
En général, vous restez responsable de ce qui s’est passé tant que vous étiez co titulaire, et potentiellement des engagements contractés avant la désolidarisation. D’où l’intérêt de sortir avec un compte propre et une date claire.
Est ce que ça ferme automatiquement le compte ?
Pas forcément. Ça dépend de la solution retenue. Votre retrait peut entraîner une clôture, ou une transformation en compte individuel au nom de l’autre, si c’est possible et validé.
Pour conclure (sans faire trop long, promis)
Se désolidariser d’un compte joint Monabanq, ce n’est pas compliqué techniquement. Mais c’est une démarche où l’ordre des actions compte énormément.
Faites d’abord la sécurité : compte perso opérationnel, prélèvements basculés, solde clarifié, moyens de paiement sous contrôle. Ensuite seulement, la demande officielle à Monabanq, idéalement par écrit avec une preuve de date. Et enfin, la confirmation écrite qui clôt le sujet.
Le vrai objectif, ce n’est pas juste de « sortir ». C’est de sortir proprement. Sans queue de comète derrière.
Questions fréquemment posées
Qu'est-ce que signifie vraiment se désolidariser d'un compte joint ?
Se désolidariser d'un compte joint signifie demander à ne plus être titulaire du compte. Cela implique que vous ne pourrez plus utiliser le compte et que vous ne serez plus responsable des opérations effectuées après la désolidarisation effective.
Quels sont les risques si je reste co titulaire pendant la procédure de désolidarisation ?
Tant que la désolidarisation n'est pas effective, vous êtes toujours responsable des opérations sur le compte. Un découvert, un incident de paiement ou un chèque émis peuvent donc vous retomber dessus, même si vous n'êtes pas à l'origine.
Quelles vérifications faut-il faire avant de demander la désolidarisation d'un compte joint ?
Il est essentiel de vérifier le solde réel du compte, les opérations en cours (paiements carte, chèques en circulation), le découvert autorisé, les dettes éventuelles, les prélèvements importants liés au compte, les moyens de paiement attachés (cartes, chéquier), et de communiquer avec l'autre co titulaire pour coordonner la démarche.
Comment gérer les prélèvements automatiques avant de se désolidariser ?
Avant la désolidarisation, il faut migrer tous les prélèvements importants (loyer, impôts, assurance habitation, électricité, abonnements) vers un compte personnel afin d'éviter tout incident de paiement après la fermeture ou modification du compte joint.
Que faire des moyens de paiement liés au compte joint lors de la désolidarisation ?
Les cartes bancaires et chéquiers liés au compte joint seront généralement bloqués ou doivent être restitués après la désolidarisation. Il est conseillé d'avoir un compte personnel actif avec ses propres moyens de paiement avant de lancer la démarche.
Pourquoi est-il important de communiquer avec l'autre co titulaire avant de se désolidariser ?
La désolidarisation demande souvent une coordination entre co titulaires. Même en cas de conflit ou séparation, il est crucial d'échanger pour organiser la procédure efficacement. En cas d'impossibilité de communication, il faut envisager une stratégie adaptée car cela complique la démarche.



