Si le défunt était titulaire d’un compte Monabanq, les démarches sont globalement les mêmes que dans n’importe quelle banque française, avec quelques particularités liées au fait que Monabanq est une banque en ligne. Donc pas d’agence où passer « cinq minutes ». Tout se fait à distance, avec des documents, des envois, des délais. Ça se fait. Mais il faut savoir dans quel ordre.
Je vous explique, pas à pas, ce qu’il faut faire et à quoi vous attendre.
Ce qui se passe quand la banque est informée du décès
Dès que Monabanq est informée officiellement du décès, la banque met en place des mesures de protection. L’objectif est simple : éviter tout mouvement non autorisé, figer une situation financière, et préparer le règlement de la succession.
En pratique, on voit généralement :
- le blocage des moyens de paiement associés au compte (carte bancaire, chéquier, parfois accès en ligne du titulaire) ;
- l’arrêt des opérations initiées par le défunt, surtout celles qui nécessitent sa signature ou son consentement ;
- la préparation d’un état des avoirs pour la succession.
Un point important, et souvent mal compris : même si vous aviez les identifiants, même si vous connaissez le code, même si « il vous avait dit que vous pouviez », vous ne devez pas utiliser le compte après le décès. Juridiquement, ça devient une situation très sensible. Et ça peut se retourner contre l’héritier qui a voulu « juste payer l’enterrement ».
Qui doit prévenir Monabanq, et quand le faire
En théorie, n’importe quel proche peut signaler le décès : conjoint, enfant, parent, exécuteur testamentaire, notaire. Dans la vraie vie, c’est souvent la famille qui le fait au plus vite, dès qu’elle a l’acte de décès.
Le plus tôt est le mieux, parce que :
- les prélèvements automatiques continuent tant que le compte n’est pas bloqué ;
- des paiements peuvent sortir (abonnements, échéances) ;
- des revenus peuvent entrer (salaire, retraite) et créer ensuite des régularisations parfois longues.
Si un notaire est déjà en charge, il peut s’en occuper. Mais même dans ce cas, beaucoup de familles préfèrent prévenir rapidement la banque, puis laisser le notaire gérer la suite formelle. Ce n’est pas contradictoire.

Les documents à préparer (sans se compliquer la vie)
Pour que Monabanq puisse traiter le dossier, il faut des preuves. Pas « une photo du livret de famille » envoyée à la va-vite. Il faut des pièces standard, que la banque sait lire et classer.
En général, préparez :
- un acte de décès (copie intégrale ou extrait, selon ce que vous avez) ;
- une pièce d’identité du demandeur (la personne qui écrit à la banque) ;
- un justificatif du lien avec le défunt (livret de famille, acte de naissance, acte de mariage, ou tout document utile) ;
- et, si un notaire est mandaté : ses coordonnées complètes, et idéalement une attestation ou un courrier indiquant qu’il est en charge de la succession.
Selon la situation, Monabanq peut demander en plus :
- un acte de notoriété (souvent indispensable dès qu’il y a des montants non négligeables) ;
- un certificat d’hérédité (plus rare, et plutôt pour des successions simples, selon les mairies) ;
- des instructions écrites du notaire.
Petit conseil pratique : scannez tout proprement, en PDF, lisible. Et gardez une copie de ce que vous envoyez. On croit qu’on s’en souviendra. On ne s’en souvient pas.
Comment contacter Monabanq pour déclarer le décès
Monabanq étant une banque à distance, l’approche la plus propre est d’envoyer un courrier (ou un envoi recommandé si vous voulez une preuve de dépôt), avec les pièces justificatives.
Dans votre courrier, mettez clairement :
- identité du défunt (nom, prénom, date de naissance si vous l’avez) ;
- numéro de compte ou IBAN si vous l’avez ;
- date du décès ;
- vos coordonnées complètes ;
- votre lien avec le défunt ;
- et, si connu, le notaire en charge.
Vous pouvez aussi contacter le service client pour demander la marche exacte (adresse, pièces attendues), mais gardez en tête que ce qui déclenche vraiment les actions, ce sont les justificatifs.
Et oui, ça fait un peu administratif. Mais un dossier « complet dès le début », ça évite les allers retours.

Que devient le compte bancaire après le décès
Compte individuel
Si le compte Monabanq était au nom du défunt uniquement, il est en principe bloqué dès que la banque est informée. Les opérations ne peuvent plus être réalisées librement.
Ce blocage n’est pas là pour vous embêter, c’est la règle. La banque doit protéger la succession, et protéger aussi les héritiers entre eux.
Compte joint
Là, c’est plus délicat, et beaucoup de gens se trompent.
Sur un compte joint, la règle générale en France est que le compte continue de fonctionner au profit du cotitulaire survivant, sauf opposition des héritiers ou décision particulière. Mais certaines banques appliquent des mesures de prudence, surtout si des sommes importantes sont en jeu, ou si la situation est conflictuelle.
Concrètement :
- le cotitulaire survivant peut souvent continuer à utiliser le compte pour les dépenses courantes ;
- mais la part du défunt dans les avoirs peut être intégrée à la succession ;
- et le notaire peut demander des relevés, un arrêté de compte à la date du décès, etc.
Le bon réflexe : prévenir le notaire, et ne pas vider le compte « parce que c’est un compte joint ». Ce genre de mouvement laisse des traces, et peut créer des tensions familiales très vite.
Les prélèvements, abonnements et factures : que faire, concrètement
C’est la partie pénible. Parce que pendant quelques jours, parfois quelques semaines, la vie administrative continue.
Voici une manière simple de gérer :
- Lister les prélèvements automatiques et virements récurrents (assurances, énergie, téléphonie, streaming, salle de sport, impôts, mutuelle).
- Identifier ce qui doit être maintenu temporairement (loyer, charges de copropriété, électricité du logement).
- Résilier ce qui doit s’arrêter.
- Basculer certaines factures sur un autre compte (celui du conjoint par exemple), si le service doit continuer.
Attention : une fois le compte bloqué, certains prélèvements peuvent être rejetés. Donc si vous savez que le logement doit rester alimenté en électricité, anticipez. Parfois, il vaut mieux contacter le fournisseur tout de suite et expliquer la situation, plutôt que d’attendre un impayé automatique.
Les opérations encore possibles : frais d’obsèques et dépenses urgentes
En France, il existe une possibilité de paiement des frais d’obsèques à partir des comptes du défunt, dans certaines limites et sous conditions. Les banques acceptent souvent de régler directement l’entreprise de pompes funèbres sur présentation de la facture.
Ce n’est pas un « accès libre » au compte. C’est encadré.
Donc, si vous avez une facture d’obsèques :
- gardez la facture détaillée ;
- transmettez la demande à Monabanq (ou via le notaire) ;
- et demandez le paiement direct au prestataire, plutôt qu’un virement vers un compte personnel.
L’idée est d’éviter qu’un héritier avance tout, puis doive se battre ensuite pour se faire rembourser. Parce que oui, ça arrive.

Le rôle du notaire : obligatoire ou pas ?
Pas toujours obligatoire. Mais très souvent, utile.
Un notaire est généralement indispensable s’il y a :
- un bien immobilier ;
- un contrat de mariage ou une situation familiale complexe ;
- des montants importants ;
- plusieurs héritiers, surtout s’ils ne sont pas d’accord sur tout ;
- un testament.
Dans les successions simples et de faible montant, certaines démarches peuvent se faire sans notaire, mais la banque peut quand même exiger un document type acte de notoriété pour débloquer des fonds.
Et là, il faut accepter une réalité : la banque ne « choisit pas pour vous ». Elle applique des règles internes et juridiques. Si elle estime qu’elle a besoin d’un notaire ou d’un document spécifique, elle le demandera.
Comment l’argent est débloqué et réparti
Une fois les héritiers identifiés officiellement (souvent via acte de notoriété), Monabanq va pouvoir :
- établir un arrêté des comptes à la date du décès ;
- transmettre les informations au notaire ou aux héritiers habilités ;
- puis exécuter les instructions de règlement.
Le règlement peut prendre plusieurs formes :
- virement vers un compte de succession géré par le notaire ;
- virement vers les comptes des héritiers, selon répartition ;
- clôture du compte du défunt.
Il y a parfois des délais, et ils peuvent être frustrants. Mais ils sont souvent liés à la réception des pièces, à la conformité des documents, et au traitement successoral.
Et les produits liés à Monabanq : livret, crédit, assurance
Livrets d’épargne et comptes supplémentaires
S’il y a un livret (type livret A, LDDS, etc) ou un compte épargne, ils sont aussi intégrés à la succession. Même logique : arrêt à la date du décès, calcul des intérêts, puis règlement.
Crédit en cours
S’il y avait un prêt :
- il faut prévenir l’organisme et vérifier s’il existe une assurance emprunteur qui couvre le décès ;
- le notaire gérera souvent l’information, mais vous pouvez aussi anticiper en rassemblant le contrat de prêt et l’assurance.
Important : ne partez pas du principe que « tout s’arrête ». Un crédit, c’est un engagement. L’assurance peut couvrir, oui, mais il faut l’activer correctement.
Assurance vie
L’assurance vie est un cas à part : elle ne fait pas toujours partie de la succession au sens classique, selon la clause bénéficiaire. Si le défunt avait une assurance vie, la banque ou l’assureur demandera des pièces aux bénéficiaires, et le notaire peut aussi en être informé.
Donc, si vous cherchez « tout ce qu’il avait », pensez à l’assurance vie, même si ce n’est pas sur le compte courant.

Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)
On apprend souvent à la dure. Donc autant les lister clairement.
- Continuer à utiliser la carte bancaire du défunt : à éviter totalement.
- Retirer de l’argent « pour avancer les frais » : même intention, gros risque.
- Oublier de prévenir les organismes qui prélèvent : ça crée des rejets, des pénalités, des courriers automatiques.
- Envoyer des documents incomplets : ça rallonge tout.
- Confondre compte joint et compte individuel : ce n’est pas la même mécanique.
- Ne pas impliquer le notaire assez tôt quand la situation est complexe : ensuite, on recolle les morceaux.
Et un truc tout bête, mais réel : créez un petit dossier, papier ou numérique, avec une chronologie. Date du décès, date d’envoi à la banque, accusé de réception, réponses, relances. Ça évite de se sentir perdu.
Modèle de courrier simple à envoyer à Monabanq
Vous pouvez adapter, mais l’idée est d’être clair, sobre, et complet.
« Je soussigné(e) [nom, prénom], né(e) le [date], demeurant [adresse], vous informe du décès de [nom, prénom du défunt], né(e) le [date de naissance si connue], survenu le [date du décès].
Le défunt était titulaire du compte Monabanq dont l’IBAN est le suivant : [IBAN], ou à défaut le numéro de compte : [numéro].
Je suis [lien de parenté ou qualité] et vous prie de bien vouloir prendre en compte cette déclaration et m’indiquer les démarches à suivre pour le traitement du dossier de succession.
Vous trouverez ci-joint les pièces justificatives suivantes : [liste des pièces].
Le notaire en charge de la succession est Maître [nom], [adresse], [téléphone], [email], le cas échéant.
Je vous remercie par avance de votre retour.
[signature] »
Oui, c’est formel. Mais ça marche.
Questions qu’on se pose souvent, et réponses rapides
Peut on fermer le compte Monabanq immédiatement ?
Pas immédiatement, en général. La clôture s’inscrit dans le règlement de la succession, une fois les ayants droit identifiés et les opérations de règlement effectuées.
Peut on récupérer l’argent pour payer les factures du défunt ?
Pas librement. Certaines dépenses peuvent être réglées (notamment obsèques) selon conditions. Pour le reste, c’est la succession qui règle.
Combien de temps ça prend ?
Ça dépend surtout de la vitesse à laquelle le dossier est complet, et de la complexité de la succession. Si vous devez courir après des pièces pendant trois semaines, ça se ressent. Si le notaire est en place et tout est carré, c’est plus fluide.
Pour finir, calmement
La bonne démarche, c’est assez simple, même si c’est lourd émotionnellement : déclarer le décès à Monabanq avec un dossier propre, éviter toute utilisation du compte après le décès, organiser les factures urgentes, puis laisser le cadre successoral faire son travail, souvent avec un notaire.
Et si vous êtes au tout début, un peu sonné, ce qui est normal : commencez par une seule chose. Obtenir l’acte de décès, faire un scan, envoyer la déclaration. Le reste viendra.
Questions fréquemment posées
Que se passe-t-il lorsque Monabanq est informée du décès d'un titulaire de compte ?
Dès que Monabanq est officiellement informée du décès, la banque bloque les moyens de paiement associés au compte (carte bancaire, chéquier), arrête les opérations nécessitant la signature du défunt et prépare un état des avoirs pour la succession afin de protéger la situation financière.
Qui peut prévenir Monabanq en cas de décès et quand doit-on le faire ?
N'importe quel proche (conjoint, enfant, parent), l'exécuteur testamentaire ou le notaire peut signaler le décès. Il est conseillé de prévenir Monabanq dès que possible après obtention de l'acte de décès pour éviter tout mouvement non autorisé sur le compte.
Quels documents faut-il préparer pour déclarer un décès à Monabanq ?
Il faut fournir un acte de décès, une pièce d'identité du demandeur, un justificatif du lien avec le défunt (livret de famille, acte de naissance ou mariage) et si un notaire est mandaté, ses coordonnées et une attestation. Selon les cas, d'autres documents comme un acte de notoriété peuvent être demandés.
Est-il légal d'utiliser le compte Monabanq du défunt après son décès si on connaît les identifiants ?
Non, même si vous avez les identifiants ou l'autorisation verbale du défunt, il est interdit d'utiliser le compte après son décès. Cela peut entraîner des conséquences juridiques graves car le compte doit être bloqué pour protéger la succession.
Comment contacter Monabanq pour déclarer un décès ?
La meilleure façon est d'envoyer un courrier ou un recommandé avec les pièces justificatives à Monabanq. Le courrier doit clairement indiquer l'identité du défunt, son numéro de compte ou IBAN si possible, ainsi que la date du décès.
Pourquoi est-il important d'informer rapidement Monabanq du décès ?
Informer rapidement permet de bloquer les prélèvements automatiques qui continuent tant que le compte n'est pas gelé, éviter des paiements non autorisés et gérer correctement les entrées comme salaires ou retraites qui pourraient compliquer la succession.



