Et puis parfois, moins glamour, la vie change. Séparation, divorce, succession, conflit, ou même juste envie de retrouver une organisation plus simple. Et là, on se retrouve avec une question très concrète, un peu stressante aussi : comment se désolidariser d’un compte joint à La Banque Postale ?
On va faire simple et pratique. Pas de jargon inutile. Juste ce qu’il faut savoir, dans le bon ordre, et les pièges à éviter.
Comprendre ce que veut dire « désolidariser » un compte joint
Déjà, on met les mots au clair.
Un compte joint, en général, fonctionne « solidairement ». Ça veut dire que chaque cotitulaire peut faire fonctionner le compte seul : paiements, virements, retraits, chèques, parfois découvert, etc. Et surtout, si le compte part en vrille, la banque peut se retourner contre l’un ou l’autre pour récupérer les sommes dues. Pas moitié moitié. Solidaire, donc responsable à 100 %.
Se désolidariser, dans l’idée, c’est sortir de cette mécanique.
Mais attention, en pratique, selon les cas, « se désolidariser » peut vouloir dire plusieurs choses :
- transformer le compte joint en compte indivis (compte « M. et Mme », où les opérations demandent l’accord des deux),
- clôturer le compte joint,
- ou quitter le compte joint, ce qui revient souvent à clôturer si l’autre ne peut pas ou ne veut pas le conserver seul.
À La Banque Postale, comme dans la plupart des banques, il n’existe pas un bouton magique dans l’application « se désolidariser ». Ça passe par des démarches, et par écrit.
Avant de lancer la démarche : faire un état des lieux du compte
Avant d’écrire à qui que ce soit, prenez 30 minutes et faites le point. Parce que c’est souvent là que ça se complique.
1) Vérifier le solde et le découvert autorisé
S’il y a un découvert, même petit, il faut le traiter. La banque ne clôture généralement pas un compte à découvert. Et si vous demandez la désolidarisation sans régler ça, vous risquez de rester coincé dans une zone grise, avec des frais qui continuent de tomber.
2) Lister les opérations à venir
Regardez :
- prélèvements (loyer, électricité, abonnements),
- virements entrants (salaires, CAF, pension),
- paiements en cours (carte, paiements différés),
- chèques émis et non encore débités.
Si vous fermez ou bloquez le compte trop vite, ça peut provoquer des rejets et des incidents. Et là, c’est le début d’une spirale bête.
3) Identifier les moyens de paiement liés au compte
Cartes bancaires, chéquier, autorisations de prélèvement, parfois même une assurance, une épargne associée, ou un crédit prélevé dessus. Notez tout.
Petit conseil très terre à terre : faites des captures d’écran des prélèvements récurrents des 3 derniers mois. On oublie toujours un service.

Les solutions possibles à La Banque Postale
Option 1 : clôturer le compte joint (solution la plus nette)
C’est la solution la plus « propre » si vous voulez couper court.
En général, la clôture d’un compte joint doit être demandée par les cotitulaires. Dans la vraie vie, quand tout le monde est d’accord, c’est rapide. Quand l’un traîne, c’est plus long.
Ce que La Banque Postale demandera le plus souvent :
- une demande écrite signée (souvent par tous les cotitulaires),
- la restitution ou l’annulation des moyens de paiement (cartes, chéquier),
- un solde à zéro (ou transféré),
- un RIB de destination pour virer le solde restant.
Si vous êtes en désaccord, on en reparle plus bas, car là on bascule sur la dénonciation.
Option 2 : transformer le compte joint en compte indivis
C’est une option utile quand vous voulez éviter que l’autre fasse des opérations seul.
Le compte indivis, c’est l’idée suivante : toute opération doit être validée par les deux (ou selon les modalités fixées). En gros, ça verrouille.
C’est une solution parfois choisie pendant une séparation, le temps de régler la répartition. Mais soyons honnêtes : c’est aussi un moyen de bloquer la situation, donc à utiliser avec une vraie stratégie derrière.
Pour mettre en place ce changement, il faut généralement un accord entre cotitulaires, et une formalisation avec la banque.
Option 3 : « dénoncer » le compte joint (la voie quand vous n’êtes pas d’accord)
Le mot est un peu violent, mais c’est le terme bancaire classique.
Dénoncer un compte joint, c’est informer la banque que vous retirez votre accord sur le fonctionnement solidaire. En pratique, ça bloque les opérations réalisées par un seul cotitulaire, ou ça transforme le compte en indivis selon les procédures internes.
Ce point est important : dénoncer n’efface pas le passé. Vous restez responsable des opérations et dettes antérieures, et parfois même des frais déjà engagés, selon les dates et les opérations.
Mais ça permet de stopper l’hémorragie si vous craignez des mouvements à venir.
Comment faire concrètement à La Banque Postale : les étapes
Étape 1 : contacter votre bureau de poste ou votre conseiller
Oui, c’est une banque très « papier » sur ces sujets. Même si vous passez par votre espace client pour prendre un rendez vous ou envoyer un message, la décision finale se fait souvent via courrier ou en agence.
L’objectif ici : savoir exactement ce que votre agence demande comme pièces, et éviter un aller retour.
Étape 2 : envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception
Dans les situations tendues, le recommandé avec AR n’est pas un luxe. C’est votre preuve, votre date, votre filet de sécurité.
Selon votre objectif, votre courrier va demander :
- soit la clôture du compte joint,
- soit la dénonciation du compte joint,
- soit la transformation en compte indivis (si accord).
Modèle de base : dénonciation d’un compte joint
Adaptez, mais gardez l’idée. Et mettez bien les informations du compte.
« Je soussigné(e) [nom, prénom], cotitulaire du compte joint n° [numéro] ouvert à La Banque Postale, vous informe par la présente de ma décision de dénoncer ledit compte joint.
Je vous demande en conséquence de prendre toute mesure visant à empêcher toute opération sans la signature de l’ensemble des cotitulaires, conformément aux règles applicables.
Je vous remercie de me confirmer par écrit la prise en compte de cette demande et la date d’effet. »
Dans beaucoup de cas, on ajoute aussi : « Je vous demande de désactiver les moyens de paiement liés au compte » si c’est ce que vous souhaitez. À préciser clairement, sinon la banque peut interpréter au minimum.
Modèle de base : demande de clôture
« Nous soussigné(e)s [noms, prénoms], cotitulaires du compte joint n° [numéro], vous demandons la clôture de ce compte.
Merci de transférer le solde créditeur sur le compte suivant : [IBAN].
Nous certifions avoir pris les dispositions nécessaires concernant les opérations en cours et les moyens de paiement. »
Si vous êtes seul à vouloir clôturer, ce modèle ne suffit pas toujours. Dans ce cas, on passe par la dénonciation d’abord, puis on gère la suite.
Étape 3 : restituer ou neutraliser cartes et chéquier
La Banque Postale peut demander la restitution physique en agence, ou une attestation sur l’honneur de destruction selon les cas. Suivez ce que l’agence vous dit, mais faites le de manière traçable.
Et surtout, ne gardez pas « juste au cas où ». Un moyen de paiement qui traîne, c’est une bombe à retardement. Surtout en séparation.

Étape 4 : déplacer tous les prélèvements et virements
C’est souvent l’étape la plus longue, et la plus pénible.
- Ouvrez un compte individuel si ce n’est pas déjà fait.
- Migrez le salaire en premier.
- Migrez ensuite les prélèvements vitaux (loyer, énergie, assurance, impôts).
- Terminez par les abonnements secondaires.
Oui, dans cet ordre. Parce qu’un Netflix rejeté, c’est une gêne. Un loyer rejeté, c’est un dossier.
Étape 5 : vérifier que le compte ne bouge plus
Pendant quelques semaines, gardez un oeil sur le compte. Même si vous avez dénoncé, même si vous avez demandé la clôture.
Regardez :
- opérations en attente,
- commissions d’intervention,
- agios,
- rejets.
Le compte joint adore revenir vous hanter par un prélèvement trimestriel oublié.
Et si l’autre cotitulaire refuse ?
C’est le cas classique, et franchement, celui qui fait le plus peur. Mais vous avez quand même des options.
Vous pouvez dénoncer le compte joint seul
La dénonciation peut être faite par un seul cotitulaire. C’est justement fait pour ça. L’objectif est de bloquer la capacité de l’autre à agir seul, ou de mettre le compte sous régime plus strict.
Ensuite, pour clôturer, il faudra souvent régler le solde, et parfois obtenir un accord ou une solution de partage. Mais au moins, vous évitez que le compte serve à faire n’importe quoi pendant que vous attendez.
Faites attention à la période de transition
Entre le moment où vous envoyez le courrier, et le moment où la banque applique la mesure, il peut y avoir un délai. Pendant ce laps de temps, l’autre peut encore effectuer des opérations.
Donc, si la situation est conflictuelle, n’attendez pas « la semaine prochaine ». Faites le maintenant. Vraiment.
Que devient l’argent sur le compte ?
Question simple, réponse parfois compliquée.
Sur un compte joint, l’argent est présumé appartenir aux cotitulaires, souvent à parts égales, sauf preuve contraire. Dans les couples, ça se règle parfois à l’amiable, parfois via avocats, parfois via juge.
La Banque Postale, elle, n’arbitre pas votre séparation. Elle exécute des règles bancaires.
Donc, deux points pratiques :
- si vous êtes d’accord, faites un virement et répartissez proprement avant la clôture,
- si vous n’êtes pas d’accord, évitez les mouvements unilatéraux agressifs, ça peut se retourner contre vous, surtout en procédure.
Et oui, ça arrive souvent : quelqu’un vide le compte « pour se protéger ». Sauf que juridiquement, ça peut devenir un problème. Si vous avez un doute, faites vous accompagner.
Quid des dettes, crédits et incidents sur un compte joint ?
C’est là que la solidarité pique.
Découvert et frais
Si le compte est débiteur, la banque peut demander à n’importe quel cotitulaire de régler. Même si « ce n’est pas vous » qui avez dépensé. C’est injuste dans l’émotion, mais c’est le principe du compte joint.
La désolidarisation, ou la dénonciation, ne supprime pas cette responsabilité pour le passé.
Crédit prélevé sur le compte
Si un crédit est prélevé sur le compte joint, migrez le prélèvement immédiatement vers un compte individuel, ou mettez en place une solution temporaire. Sinon, impayé, incident, et le dossier s’alourdit.
Et si le crédit est au deux noms, c’est encore autre chose. Sortir d’un compte joint ne vous sort pas d’un emprunt commun.
Chèques en circulation
Les chèques émis avant la clôture peuvent être présentés après. D’où l’intérêt d’attendre que tout soit passé, ou de provisionner correctement. Une clôture trop rapide avec chèques en attente, c’est un terrain à incidents.
Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)
Erreur 1 : croire que « ne plus utiliser le compte » suffit
Non. Tant que vous êtes cotitulaire, vous êtes dedans. Point.
Erreur 2 : fermer sans migrer les prélèvements
C’est la cause numéro 1 des frais et des rejets. Faites une check list, même sur papier. Oui, un truc simple.
Erreur 3 : laisser l’autre avec une carte active « par gentillesse »
Je comprends l’intention. Mais si ça tourne mal, c’est vous qui payez le prix.
Erreur 4 : attendre que « ça se calme »
Souvent, ça ne se calme pas. Ou pas tout de suite. Protégez vous administrativement, et ensuite vous discuterez.
Cas particuliers à connaître
En cas de décès d’un cotitulaire
Le fonctionnement dépend des règles et de la situation successorale. Souvent, la banque bloque tout ou partie des opérations, et la gestion se fait avec les héritiers et le notaire. Si vous êtes cotitulaire survivant, contactez rapidement La Banque Postale, ne faites pas comme si de rien n’était.
En cas de divorce ou séparation officielle
La dénonciation du compte joint est très fréquente dès que la séparation est actée, justement pour éviter des mouvements unilatéraux. Ensuite, la liquidation des comptes se gère à part.
Si vous avez des procurations sur le compte
Pensez à les révoquer. Une procuration, c’est encore une autre porte d’entrée. Et on l’oublie tout le temps.
Combien de temps ça prend ?
Ça dépend, et je sais que ce n’est pas la réponse rêvée.
- si tout le monde est d’accord et que le compte est clean : ça peut se faire assez vite,
- si le compte a des opérations en cours : quelques semaines,
- si conflit, découvert, chèques en attente : plus long, parfois plusieurs mois, parce qu’il faut d’abord stabiliser.
Le vrai levier, c’est la préparation. Plus vous arrivez avec un compte sans mouvements et des prélèvements déjà migrés, plus ça va vite.

Check list rapide pour se désolidariser sans se faire piéger
- ouvrir ou vérifier votre compte individuel
- migrer le salaire
- migrer les prélèvements essentiels
- identifier chèques et paiements en attente
- envoyer un recommandé AR à La Banque Postale : dénonciation ou clôture
- neutraliser cartes et chéquier
- suivre le compte pendant 4 à 8 semaines
- conserver tous les justificatifs (courriers, AR, messages)
Pour finir
Se désolidariser d’un compte joint à La Banque Postale, ce n’est pas compliqué techniquement. Ce qui complique, c’est le contexte autour. L’émotion, le conflit, ou juste la charge mentale de tout déplacer.
Mais si vous retenez une chose : tant que vous êtes cotitulaire, vous êtes exposé. Donc il faut agir, proprement, par écrit, et avec une logique de protection.
Et si la situation est vraiment tendue, ou qu’il y a des sommes importantes, ou un crédit, ou un découvert qui part en vrille : faites vous aider. Conseiller bancaire, médiation, avocat. Ça coûte parfois un peu, oui. Mais c’est souvent moins cher que des mois de galère et de frais.
Questions fréquemment posées
Qu'est-ce que signifie "désolidariser" un compte joint à La Banque Postale ?
Désolidariser un compte joint signifie sortir de la responsabilité solidaire où chaque cotitulaire peut gérer seul le compte et est responsable à 100 % des dettes. En pratique, cela peut vouloir dire transformer le compte en compte indivis, clôturer le compte joint ou quitter le compte, souvent en clôturant si l'autre cotitulaire ne souhaite pas conserver seul le compte.
Quelles sont les démarches nécessaires pour se désolidariser d'un compte joint à La Banque Postale ?
Il n'existe pas de procédure automatique dans l'application. La désolidarisation passe par des démarches écrites : une demande signée (souvent par tous les cotitulaires), la restitution ou annulation des moyens de paiement liés au compte, et la gestion du solde (transfert ou règlement).
Pourquoi est-il important de vérifier le solde et les opérations avant de désolidariser un compte joint ?
Avant de lancer la démarche, il faut vérifier qu'il n'y a pas de découvert autorisé car la banque ne clôture généralement pas un compte à découvert. Il faut aussi lister les prélèvements, virements, paiements en cours et chèques non débités pour éviter les rejets et incidents qui peuvent compliquer la fermeture du compte.
Quelles sont les solutions possibles pour se désolidariser d'un compte joint à La Banque Postale ?
Les principales solutions sont : 1) Clôturer le compte joint, ce qui nécessite souvent l'accord de tous les cotitulaires ; 2) Transformer le compte joint en compte indivis, où toutes les opérations doivent être validées par tous les cotitulaires ; 3) Quitter le compte joint, ce qui revient souvent à sa clôture si l'autre cotitulaire ne veut pas garder le compte seul.
Qu'est-ce qu'un compte indivis et quand est-il conseillé ?
Un compte indivis est un type de gestion où toutes les opérations doivent être validées par tous les cotitulaires. Cette option est utile notamment lors d'une séparation pour éviter que l'autre cotitulaire réalise des opérations seul sur le compte.
Quels pièges faut-il éviter lors de la désolidarisation d'un compte joint ?
Il faut éviter de demander la désolidarisation sans avoir réglé un éventuel découvert car cela bloque la clôture. Il faut aussi bien identifier tous les prélèvements récurrents et moyens de paiement liés au compte pour éviter des incidents bancaires après la fermeture ou transformation du compte.


